{"id":1274,"date":"2011-05-28T08:42:00","date_gmt":"2011-05-28T08:42:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1274"},"modified":"2026-06-08T08:52:18","modified_gmt":"2026-06-08T08:52:18","slug":"le-requiem-allemand-par-tugan-sokhiev","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/le-requiem-allemand-par-tugan-sokhiev\/","title":{"rendered":"Le Requiem allemand par Tugan Sokhiev"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toulouse. Halle-aux-Grains. 28 mai 2011. Johannes Brahms (1833-1897)\u00a0: Ein deutsches Requiem, op.45. Anastasia Kalagina,soprano\u00a0; Garry Magee, baryton\u00a0; Ch\u0153ur de Orfe\u00f3 Catal\u00e0 chef de ch\u0153ur, Josep Vila i Casanas\u00a0; Orchestre National du Capitole\u00a0; Direction\u00a0: Tugan Sokhiev.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Un Requiem allemand bouleversant<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s un Samson et Dalila&nbsp; d\u00e9cevant du point de vue des solistes, le prochain rendez vous de Tugan Sokhiev et de l\u2019orchestre du Capitole \u00e9tait tr\u00e8s attendu avec une \u0153uvre embl\u00e9matique du romantisme allemand.&nbsp; Le Requiem de Brahms est si profond et d\u2019une humanit\u00e9 si belle que les interpr\u00e9tations, plut\u00f4t rares, sont toujours des moments clefs des saisons de concerts. Les Toulousains ont \u00e9t\u00e9 g\u00e2t\u00e9s par des interpr\u00e8tes survolt\u00e9s \u00e0 la hauteur de la partition de Brahms et de son message de paix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>D\u00e8s les premi\u00e8res mesures n\u00e9es du plus sombre murmure de l\u2019orchestre et du ch\u0153ur la direction \u00e0 main nue du chef obtient une int\u00e9riorit\u00e9 et une musicalit\u00e9 d\u2019une finesse de cam\u00e9e.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En sculptant le son de ses mains, Tugan Sokhiev r\u00e9alise une direction sensuelle et belle et d\u2019une rare \u00e9l\u00e9gance musicale. Tr\u00e8s vigilant \u00e0 la structure et \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre des sons Tugan Sokhiev demande et obtient des nuances d\u2019une vraie ampleur op\u00e9ratique. Mais jamais la moindre ostentation, le moindre effet facile ne viennent d\u00e9figurer une interpr\u00e9tation \u00e0 la clart\u00e9 aveuglante. La structure tr\u00e8s recherch\u00e9e des divers moments de ce Requiem est si limpide que rien n\u2019\u00e9chappe \u00e0 l\u2019auditeur. Il na\u00eet de cette direction si belle et si lisible une musicalit\u00e9 bouleversante. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/IMG_9795-2-1024x781.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1275\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Photo : Patrice Nin <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tr\u00e8s beaux textes choisis par Brahms lui-m\u00eame sont porteurs d\u2019une telle hauteur d\u2019humanisme d\u00e9barrass\u00e9 de toute religiosit\u00e9 rance que l\u2018humain en l\u2019acceptation de sa finitude atteint au rang de h\u00e9ros mythique. Tugan Sokhiev qui semble converser avec l\u2019au-del\u00e0, transcende la mat\u00e9rialit\u00e9, agit en m\u00e9dium qui associe les \u00e9nergies pour offrir aux auditeurs une interpr\u00e9tation de ce Requiem qui touche au plus profond. Il ne semble faire qu\u2019un avec le superbe Ch\u0153ur de<em> <\/em>Orfe\u00f3 Catal\u00e0. La beaut\u00e9 des pupitres, leur parfait \u00e9quilibrage confirme la r\u00e9putation brillante de ce Ch\u0153ur. Les nuances sont r\u00e9alis\u00e9es avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante, les timbres sont d\u2019une beaut\u00e9 tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e avec un timbre clair et jeune chef les barytons, une vigueur sans for\u00e7age chez les t\u00e9nors, une solidit\u00e9 \u00e9l\u00e9gante chez lez alti et beaucoup de chair et d\u2019\u00e2me chez les soprani. Il y des moments fulgurants\u00a0; d\u2019autre si touchants dans les pianissimi que les larmes sont proches. Le texte est non seulement dit mais compris avec des regards\u00a0 intelligents et un engagement total rares. Port\u00e9es par de telles voix et des musiciens si fins les beaut\u00e9s du Requiem se d\u00e9ploient avec une \u00e9vidence r\u00e9confortante. Les deux solistes font de leurs \u00ab\u00a0airs\u00a0\u00bb des moments de bonheur alliant sensibilit\u00e9 et art du chant. La voix de Garry Magee est plut\u00f4t claire et sa jeunesse s\u00e9duit. La simplicit\u00e9 et la quasi modestie de l\u2019interpr\u00e8te, qui refuse tout effet vocal, lui permettent de faire na\u00eetre chez l\u2019auditeur une identification imm\u00e9diate \u00e0 cette \u00e2me implorante qui recherche la paix de l\u2019esp\u00e9rance. La soprano Anastasia Kalagina au timbre riche et fruit\u00e9 sait conduire une ligne de chant parfaite avec des piani dans toute la richesse du timbre tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 des voix blanches et planantes g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9es \u00e0 ce moment intime a\u00e9rien. Ici le timbre si cors\u00e9 incarne\u00a0 la tristesse qui s\u2019apaise. L\u2019art du chant\u00a0 est mis au service d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9 de grande richesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reste l\u2019apport de l\u2019orchestre qui est consid\u00e9rable pour la r\u00e9ussite de la soir\u00e9e. Tr\u00e8s concentr\u00e9, tr\u00e8s r\u00e9actif aux demandes parfois tr\u00e8s subtile et rapides du chef, l\u2019orchestre agit comme une entit\u00e9 organique, prolongement du geste du chef tr\u00e8s inspir\u00e9. Les cordes graves ont une texture soyeuse qui fait la base du son. Les bois sont diversement r\u00e9actifs&nbsp;; si le hautbois de Christian Fougeroux est fabuleux de subtilit\u00e9 et d\u2019\u00e9motion, les fl\u00fbtes sont un peu trop pr\u00e9sentes et manquent de nuances piano. Les cors sont m\u00e9lancoliques et les cuivres plus brillants arrivent \u00e0 nuancer leurs interventions. Jamais Tugan Sokhiev ne laisse l\u2019\u00e9quilibre se d\u00e9caler. Les plans sonores sont parfaitement agenc\u00e9s et \u00e0 maintes reprises la pr\u00e9cision rythmique, donne force et \u00e9nergie \u00e0 la partition, qui ainsi jamais ne para\u00eet lourde, m\u00eame dans les moments compacts. Les violons galvanis\u00e9s par Genevi\u00e8ve Laurenceau planent et conduisent au sublime. Les interventions des harpes sont des instants de grand bonheur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le public conscient d\u2019avoir v\u00e9cu un intense moment d\u2019\u00e9motion a fait une longue ovation aux interpr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Stoecklin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toulouse. Halle-aux-Grains. 28 mai 2011. Johannes Brahms (1833-1897)&nbsp;: Ein deutsches Requiem, op.45. Anastasia Kalagina,soprano&nbsp;; Garry Magee, baryton&nbsp;; Ch\u0153ur de Orfe\u00f3 Catal\u00e0 chef de ch\u0153ur, Josep Vila i Casanas&nbsp;; Orchestre National du Capitole&nbsp;; Direction&nbsp;: Tugan Sokhiev.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toulouse. Halle-aux-Grains. 28 mai 2011. Johannes Brahms (1833-1897)\u00a0: Ein deutsches Requiem, op.45. 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