{"id":1277,"date":"2019-02-22T09:04:00","date_gmt":"2019-02-22T09:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1277"},"modified":"2026-06-08T09:08:48","modified_gmt":"2026-06-08T09:08:48","slug":"la-damnation-de-faust-au-sommet","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/la-damnation-de-faust-au-sommet\/","title":{"rendered":"La Damnation de Faust au sommet"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux Grains, le 22 f\u00e9vrier 2019. Hector Berlioz. Laho. Koch. Relyea. V\u00e9ron\u00e8se. Choeur et Orchestre National du Capitole.<br>\u2028Une Damnation de Faust Grandiose.<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C\u2019est la troisi\u00e8me fois que Tugan Sokhiev dirige cette oeuvre \u00e0 la Halle-aux-Grains depuis 2010. Il aime la musique de Berlioz et cette Damnation tout particuli\u00e8rement. Dans le cadre de cette premi\u00e8re saison des Musicales Franco-Russes et pour en assurer l\u2019ouverture \u00ab\u00a0en grand\u00a0\u00bb, il nous \u00e9tait promis beaucoup. Et nous devons admettre que le pari fut tenu. Tugan Sokhiev a progress\u00e9 encore dans sa compr\u00e9hension de Berlioz. Il assume la richesse des parties orchestr\u00e9es touffues, comme la d\u00e9licatesse des moments magiques (les Sylphes). Le discours dramatique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 en 2010 dans un souffle puissant. Il est ce soir plus nuanc\u00e9 et plus subtilement construit. Chaque num\u00e9ro conserve une conception dramatique s\u2019articulant pr\u00e9cis\u00e9ment avec le pr\u00e9c\u00e9dent et le suivant. Le drame avance, l\u2019humour est pr\u00e9sent rendant plus path\u00e9tique la m\u00e9lancolie de Faust puis le d\u00e9sespoir de Marguerite. L\u2019orchestre du Capitole est royal. Les bois hallucinants de pr\u00e9sence et de libert\u00e9 ( la fl\u00fbte de Sandrine Tilly ! ) , les cordes sublimes : altos ambr\u00e9s (et quel solo de Dominique Mujica ), violons de lumi\u00e8re et violoncelles de m\u00e9lancolie. Et le cor anglais de Gabrielle Zaneboni, double de l\u2019\u00e2me de Marguerite, ne peut s\u2019oublier. Le choeur du Capitole et la maitrise sont d\u2019une pr\u00e9sence dramatique parfaite avec une puissance enviable et de tr\u00e8s belles nuances. Juste une diction plus audible aurait \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ciable. mais quelle pr\u00e9sence dans chaque intervention ! La distribution, redoutable, est absolument parfaite. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"964\" height=\"644\" src=\"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1278\" srcset=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image.png 964w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image-300x200.png 300w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image-768x513.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Marc Laho est un Faust noble et \u00e9l\u00e9gant d\u2019une ligne vocale princi\u00e8re. Le timbre est magnifique rond et chaud. La terrible tessiture ( d\u00e9passant le contre-ut ) ne se remarque pas , il est \u00e0 l\u2019aise sur tout son ambitus ! Et le texte est v\u00e9cu avec beaucoup d\u2019intensit\u00e9 et dit avec beaucoup d\u2019intelligence. M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s est un r\u00f4le plus complexe encore car il a plusieurs facettes. Le canadien John Relyea a la pr\u00e9sence attendue, et la voix parfaite. Longue tessiture et timbre riche en harmoniques sa voix se d\u00e9ploie sans effort et sa diction est \u00e9galement un r\u00e9gal; il campe un diable tour \u00e0 tour moqueur, s\u00e9duisant et inqui\u00e9tant. Le r\u00f4le tr\u00e8s court de Brander exige pourtant un chanteur-diseur hors pair. Julien V\u00e9ron\u00e8se est parfait : voix sonore et texte clair. Sophie Koch que le public a eu la plaisir de retrouver n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vue et elle remplace la d\u00e9faillance de sa consoeur. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"964\" height=\"546\" src=\"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1279\" srcset=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image-1.png 964w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image-1-300x170.png 300w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/image-1-768x435.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le public toulousain conna\u00eet bien et aime Sophie Koch qui a offert nombres personnages marquants au Capitole dont une Margaret du Roi d\u2019Ys inoubliable, un N\u00e9ron \u00e9tonnant, un Octavian \u00e9l\u00e9gant et une Dorabella de r\u00eave. Elle offre ce soir une extraordinaire Marguerite proche de la perfection. D\u2019abord une pr\u00e9sence illumin\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur et une sorte de modestie caract\u00e9ristique du personnage. La voix est superbe de timbre mais surtout projet\u00e9e avec naturel et \u00e9l\u00e9gance. La diction est absolument limpide. L\u2019art du chant est d\u00e9licat mais sans effets et toujours d\u2019une musicalit\u00e9 d\u00e9licieuse. Le duo avec Marc Laho est une apoth\u00e9ose de naturel \u00e9l\u00e9gant. Son \u00abd\u2019amour l\u2019ardente flamme\u00bb est phras\u00e9 merveilleusement, habit\u00e9 jusqu\u2019au bout des phrases et Tugan Sokhiev sait animer avec art comme assouplir la pulsation. Un grand moment de musique comme suspendu hors du temps. Le final avec cette cavalcade diabolique, ces choeurs incroyablement puissants, est nuanc\u00e9 \u00e0 souhait avec des contrastes terribles comme Berlioz les a souhait\u00e9s. Avec une puissance incroyable Tugan Sokhiev ma\u00eetrise la construction saisissante dans un crescendo que rien ne retient et qui aboutit sur des coups de boutoir. M\u00e9phisto constate son \u00e9chec avant cette apoth\u00e9ose c\u00e9leste que le choeur de femmes puis la ma\u00eetrise du Capitole avec une lumi\u00e8re d\u00e9licate nous offrent avec bont\u00e9 et puret\u00e9. L\u2019orchestration \u00e9th\u00e9r\u00e9e de Berlioz ainsi r\u00e9alis\u00e9e tient vraiment du miracle attendu<br>Chef inspir\u00e9, orchestre somptueux, choeurs puissants, et solistes aussi bons chanteurs que parfaits diseurs, le sacre de Berlioz promis a bien eu lieu. Quelle oeuvre somptueuse ! Vivat Berlioz, Vivat Toulouse, Vivat Sokhiev ! Cette saison Franco-Russe d\u00e9bute au firmament ! Et la suite est prometteuse.<br>Hubert Stoecklin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux Grains, le 22 f\u00e9vrier 2019. Hector Berlioz (1803-1869) : La Damnation de Faust, l\u00e9gende dramatique en 4 parties. Marc Laho, Faust ; Sophie Koch, Marguerite ; John Relyea, M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s ; Julien V\u00e9ron\u00e8se, Brander ; Choeur et Ma\u00eetrise du Capitole, chef de choeur, Alfonso Caiani ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Tugan Sokhiev, direction.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux Grains, le 22 f\u00e9vrier 2019. Hector Berlioz. Laho. Koch. Relyea. V\u00e9ron\u00e8se. Choeur et Orchestre National du Capitole.\u2028Une Damnation de Faust Grandiose. C\u2019est la troisi\u00e8me fois que Tugan Sokhiev dirige cette oeuvre \u00e0 la Halle-aux-Grains depuis 2010. Il aime la musique de Berlioz et cette Damnation tout particuli\u00e8rement. 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