{"id":1376,"date":"2011-04-16T16:37:00","date_gmt":"2011-04-16T16:37:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1376"},"modified":"2026-06-08T16:40:18","modified_gmt":"2026-06-08T16:40:18","slug":"et-la-harpe-en-soliste-a-la-russe","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/et-la-harpe-en-soliste-a-la-russe\/","title":{"rendered":"Et la Harpe en soliste \u00e0 la russe !"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Comme Tugan Sokhiev et Genevi\u00e8ve Laurenceau nous avaient manqu\u00e9! Quel retour!<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e9crit par&nbsp;<a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\">Hubert Stoecklin<\/a>&nbsp;16 avril 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le souffle de l\u2019Esprit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toulouse. Halle-Aux-Grains. 7 avril 2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Magnifiques instants de gr\u00e2ce avec le retour in loco de <strong>Tugan Sokhiev, i<\/strong>nsufflant \u00e0 son orchestre une \u00e9nergie g\u00e9n\u00e9reuse porteuse d\u2019absolu.\u00a0<a href=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/applaudir\/lire_article.aspx?article=4582&amp;identifiant=2011329054K2BN4B2DKLRRXZEXKTVT86\">Un concert r\u00e9cent<\/a>\u00a0nous avait propos\u00e9 la suite pour orchestre\u00a0 Shylock de <em>Gabriel Faur\u00e9, <\/em>belle et agr\u00e9able mais toutefois inf\u00e9rieure \u00e0 la sublime action po\u00e9tique que repr\u00e9sente celle de <em>Pell\u00e9as et M\u00e9lisande. <\/em>En cinq sections subtilement agenc\u00e9es Gabriel Faur\u00e9 nous invite \u00e0 un voyage dans l\u2019univers po\u00e9tique et d\u00e9licat de cette histoire d\u2019amour aussi pure qu\u2019impossible. D\u00e8s les premi\u00e8res mesures, il est certain que l\u2019\u00e9vocation\u00a0 de ce couple si touchant va nous faire d\u00e9faillir. La direction engag\u00e9e et souple de Tugan Sokhiev, une recherche de nuances les plus infimes et une pr\u00e9cision rythmique d\u2019une nettet\u00e9 rare nous subjugue. Ce son si fran\u00e7ais en sa clart\u00e9 et son \u00e9l\u00e9gance est une vraie b\u00e9n\u00e9diction pour cette musique qui y trouve un \u00e9panouissement complet. H\u00e9ritage du grand Michel Plasson qui en a fait une carte de visite mondialement appr\u00e9ci\u00e9e cette sonorit\u00e9 si belle, douce et acidul\u00e9e \u00e0 la fois s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e, l\u2019orchestre y ajoutant \u00e0 pr\u00e9sent une pr\u00e9cision rythmique frappante. Dirig\u00e9e comme la plus subtile musique de chambre, les agencements de timbres, les subtiles nuances associ\u00e9es, les couleurs assum\u00e9es et la l\u00e9g\u00e8re retenue du phras\u00e9 offrent une interpr\u00e9tation idiomatique. La Sicilienne si d\u00e9licate en sa m\u00e9lancolie sugg\u00e9r\u00e9e est parfaitement r\u00e9ussie avec une harpe et une fl\u00fbte\u00a0 inoubliables de d\u00e9licatesse. La fin dramatique est port\u00e9e par un souffle \u00e9pique en ses larges phrases sculpt\u00e9es par un Tugan Sokhiev en \u00e9tat de gr\u00e2ce.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/Tugansokhiev1-219x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1943\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le concerto pour Harpe de Boris Tishschenko e<\/em>st en totale opposition. Ce compositeur pratiquement inconnu en France a \u00e9t\u00e9 prolixe et semble dou\u00e9. Capable de diversit\u00e9 de composition tant dans le type de pi\u00e8ce, de la musique de Chambre \u00e0 la symphonie comme en nombre \u00e9galement. Ce concerto pour Harpe est d\u2019une \u00e9criture tr\u00e8s personnelle, sorte de longue m\u00e9lop\u00e9e de la harpe soutenue, encourag\u00e9e et\u00a0 bouscul\u00e9e par l\u2019orchestre trait\u00e9 en instruments solistes et par groupes. Pas de folles envol\u00e9es de perles, ni de virtuosit\u00e9 romantique pour l\u2019instrument pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Marie-Antoinette. Une apparente simplicit\u00e9 de petits motifs enfantins sont repris obsessionnellement. Passant du piano \u00e0 la harpe et \u00e0 l\u2019\u00e9trange vibraphone les surprises sont nombreuses. En fait il y a deux harpes une plus petite, pr\u00e9par\u00e9e \u00ab\u00a0fa\u00e7on celtique\u00a0\u00bb et une grande harpe. Les traits sont novateurs et exigent une virtuosit\u00e9 avant tout musicale qui refuse tout effet convenu. Le voyage extraterrestre, c\u00e9leste et \u00e9galement abyssal est d\u00e9routant. Un court instant de sublime douceur est apport\u00e9 par la voix l\u00e9g\u00e8re et planante de la soprano Julia Wischniewski assise\u00a0 dans l\u2019orchestre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des fl\u00fbtes, dont elle partage les couleurs mordor\u00e9es. Appui rythmique solide, nuances creus\u00e9es avec tact et soutient amoureux de la harpiste. Le jeu d\u2019Irina Donskaya est royal. Cette cr\u00e9ation fran\u00e7aise, d\u2019une \u0153uvre qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre connue, donne envie d\u2019en savoir d\u2019avantage sur le compositeur russe bien trop rare en nos salles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La deuxi\u00e8me partie du programme offre de <em>Ravel ses Valses nobles et sentimentales.\u00a0\u00a0<\/em> Cheval de bataille de l\u2019orchestre sous l\u2019\u00e8re de Michel Plasson, assumant un h\u00e9ritage magnifique Tugan Sokhiev affronte avec panache le souvenir de l\u2019a\u00een\u00e9 et lui rend hommage. L\u2019orchestre d\u00e9ploie ses plus belles qualit\u00e9s de timbre et de phras\u00e9. Tugan Sokhiev, en \u00e9tat d\u2019apesanteur demande des rubati chavirants, des accents d\u2019humour noir d\u00e9capants \u00e0 la mani\u00e8re de la Famille Adams. Un Ravel malicieux, un peu sulfureux, dans des valses m\u00e9phistoph\u00e9liques chics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le final en forme d\u2019apoth\u00e9ose&nbsp; atteint au grandiose. L\u2019orchestre est pouss\u00e9 dans ses derniers retranchements et donne tout. Au premier violon, Genevi\u00e8ve Laurenceau galvanise les pupitres des violons avec sa pr\u00e9sence magn\u00e9tique. Les cors, les bois, les percussions exultent en des moments extravertis splendides.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le r\u00e9sultat est enthousiasmant. La direction de Tugan Sokhiev entretient une urgence qui tient tous les sens en \u00e9veil. L<\/strong>a dramaturgie est transparente et la sauvagerie de ce mythe antique prend toute sa place dans une bacchanale terrifiante et jouissive. Les spectateurs ont fait un triomphe \u00e0 leur orchestre et leur chef retrouv\u00e9s en des sommets, jamais atteints cette saison. Que l\u2019avenir s\u2019annonce radieux en cette chaleur estivale\u00a0! Le souffle de l\u2019Esprit de la musique nous a emport\u00e9 bien loin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Stoecklin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme Tugan Sokhiev et Genevi\u00e8ve Laurenceau nous avaient manqu\u00e9! Quel retour! \u00e9crit par&nbsp;Hubert Stoecklin&nbsp;16 avril 2011 Le souffle de l\u2019Esprit Toulouse. Halle-Aux-Grains. 7 avril 2011. 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