{"id":1378,"date":"2011-04-01T16:41:00","date_gmt":"2011-04-01T16:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1378"},"modified":"2026-06-08T16:43:38","modified_gmt":"2026-06-08T16:43:38","slug":"oberon-de-weber-attention-chef-d-oeuvre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/oberon-de-weber-attention-chef-d-oeuvre\/","title":{"rendered":"Oberon de Weber attention chef d&rsquo; oeuvre !"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Le dernier et superbe op\u00e9ra de Weber au Capitole<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e9crit par&nbsp;<a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\">Hubert Stoecklin<\/a>&nbsp;26 avril 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Oberon musicalement splendide, oui mais visuellement\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On sait&nbsp; gr\u00e9 \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Chambert de son amour pour les op\u00e9ras rares de Carl Maria Von Weber. D\u00e8j\u00e0 l\u2019an dernier en version de concert, il nous avait propos\u00e9 une fort belle interpr\u00e9tation<a href=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/applaudir\/lire_article.aspx?article=3494&amp;identifiant=20101255F7J9WPKSHJKL2359417NDBOM\">d\u2019Euryanthe<\/a>. Alors que l\u2019Op\u00e9ra Comique vient de monter le c\u00e9l\u00e8bre Fre\u00efschutz (dans la version fran\u00e7aise de Berlioz) sous la direction galvanis\u00e9e de Sir John Eliot Gardiner, c\u2019est \u00e0 Toulouse qu\u2019il faut se rendre pour d\u00e9couvrir les charmes du si rare Ob\u00e9ron.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Op\u00e9ra patchwork il est loin d\u2019avoir la coh\u00e9rence dramatique de l\u2019op\u00e9ra embl\u00e9matique de Weber. Se serait toutefois s\u2018\u00e9garer que de m\u00e9sestimer cette \u0153uvre, certes in\u00e9gale, mais qui compte des moments dramatiquement forts et musicalement \u00e9lev\u00e9s. Ce soir les dialogues parl\u00e9s sont remplac\u00e9s par ce qui sera la meilleure id\u00e9e du metteur en sc\u00e8ne&nbsp;: offrir la parole \u00e0 un excellent acteur qui donne tout son sens \u00e0 cette histoire tarabiscot\u00e9e m\u00ealant Shakespeare et ses Nuits d\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019histoire fleuve associant chevaleresque et \u00e9pique de Christophe Martin Wilhelm.<br>D\u00e8s l\u2019ouverture admirablement nuanc\u00e9e et phras\u00e9e,&nbsp;<strong>Rani Calderon<\/strong>&nbsp;confirme sa parfaite compr\u00e9hension du romantisme allemand d\u00e9j\u00e0 appr\u00e9ci\u00e9 l\u2019an dernier. L\u2019<strong>Orchestre du Capitole<\/strong>des grands soirs est parfait, tant dans les solos (le cor viendra saluer au rideau final&nbsp;!) que les m\u00e9andres harmoniques d\u2019une partition tr\u00e8s wagn\u00e9rienne par moments. C\u2019est ce discours orchestral de grande qualit\u00e9 qui fera appr\u00e9cier les meilleurs moments de la partition. Cot\u00e9 vocal le parti pris est de choisir des voix larges, de format wagn\u00e9rien. Il faut pr\u00e9ciser pour \u00eatre honn\u00eate que les r\u00f4les principaux sont absolument inchantables car le r\u00f4le de Rezia demande une Fiordiligi en ce qui concerne les vocalises et les trilles et le charmant duo de l\u2019acte un avec Fatime et au minimum une Sieglinde pour le tr\u00e8s large&nbsp;<em>Ozean du Ungeheur<\/em>&nbsp;de l\u2019acte deux. Le vibrato large, le timbre cors\u00e9, la projection victorieuse de&nbsp;<strong>Ricarda Merbeth<\/strong>&nbsp;sont id\u00e9als dans l\u2019air wagn\u00e9rien. Elle sera habile \u00e0 masquer ses limites dans le reste du r\u00f4le. Et son jeu d\u2019actrice est inexistant d\u2019autant qu\u2019elle est&nbsp; affubl\u00e9e du costume le plus laid qui se puisse imaginer pour une princesse des contes de mille et une nuit\u2026. Huon de Bordeaux est distribu\u00e9 \u00e0&nbsp;<strong>Klaus Florian Vogt<\/strong>&nbsp;qui fut un Euryanthe id\u00e9al. Ce soir la voix s\u2019est \u00e9largie et la recherche de projection m\u00e9tallise le son&nbsp;; les accents gluturaux sont g\u00eanants et le phras\u00e9 semble oubli\u00e9. La recherche de chant h\u00e9ro\u00efque est obtenue au d\u00e9triment de la ligne de chant mozartienne requise. Mais qui peut rendre hommage \u00e0 ce r\u00f4le qui exige d\u2019\u00eatre un \u00e0 la fois Tamino et Siegfried&nbsp;?<br>La Fatime de&nbsp;<strong>Roxana Constantinescu<\/strong>&nbsp;toute de charme et de gr\u00e2ce piquante associe les qualit\u00e9s vocales et th\u00e9\u00e2trales requises de m\u00eame qu\u2019<strong>Arttu Kataja&nbsp;<\/strong>g\u00e9ant gauche et sympathique \u00e0 souhait et tr\u00e8s bien chantant&nbsp;!&nbsp;<strong>Tansel Akzeybeck&nbsp;<\/strong>est un Ob\u00e9ron \u00e9l\u00e9gant et distant, fort peu concern\u00e9 par l\u2019histoire et les personnages qu\u2019il manipule sans \u00e9motions. Le Puck de&nbsp;<strong>Silvia de La Muela<\/strong>&nbsp;est plein de charme et la voix est agr\u00e9ablement timbr\u00e9e et passe bien l\u2019orchestre r\u00e9sistant \u00e0 la temp\u00eate.<br>Tout le th\u00e9\u00e2tre et toute l\u2019action, toute la beaut\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre sont concentr\u00e9s dans le talent fulgurant de&nbsp;<strong>Volker Muthmann<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/04\/26\/le-dernier-et-superbe-opera-de-weber\/jpg_oberon-25\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans lui l\u2019ennui aurait gagn\u00e9 les yeux&nbsp;: D\u00e9cors costumes et lumi\u00e8res sont pauvres, sans r\u00eave ni f\u00e9eries. Seules les projections g\u00e9antes tr\u00e8s bien faites apportent un peu de couleur et de vie \u00e0 ce qui demeure un parti pris incompr\u00e9hensible et d\u00e9cevant pour une \u0153uvre qui allie f\u00e9erie, h\u00e9ro\u00efsme et po\u00e9sie.<br>Le ch\u0153ur dans ses nombreuses interventions est tout \u00e0 fait remarquable. Nuances, ampleur des phras\u00e9s, beaut\u00e9 des couleurs et harmonies des pupitres sont un r\u00e9gal de tous les instants. Le ch\u0153ur des Elfes en suite \u00e0 l\u2019ouverture met la musicalit\u00e9 au sommet et tous les num\u00e9ros suivants seront \u00e0 ce niveau de beaut\u00e9. Le travail du chef de choeur d\u2019<strong>Alfonso Caiani&nbsp;<\/strong>est \u00e9loquent&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/04\/26\/le-dernier-et-superbe-opera-de-weber\/maestro-alfonso-caiani-2\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Photo: Giovanni H\u00e4nninen<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au final une version sc\u00e9nique d\u00e9cevante visuellement et qui aurait fr\u00f4l\u00e9 la catastrophe sans le th\u00e9\u00e2tre magnifique de Volker Muthmann.<br>La musique \u00e0 l\u2019orchestre et aux ch\u0153urs a confirm\u00e9 l\u2019excellence et la belle sant\u00e9 des forces capitolines gr\u00e2ce \u00e0 la direction romantique et imaginative de&nbsp;<strong>Rani Calderon<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/04\/26\/le-dernier-et-superbe-opera-de-weber\/jpg_calderon_-_credit_patrice_nin\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Photo: Patrice Nin&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toulouse. Th\u00e9\u00e2tre du Capitole. Le 19 avril 2011. Carl Maria von Weber (1786-1826)&nbsp;: Oberon, op\u00e9ra romantique en trois actes. Mise en sc\u00e8ne&nbsp;: Daniele Abbado&nbsp;; Chor\u00e9graphie Simona Bucci&nbsp;; Dramaturgie et adaptation des dialogues parl\u00e9s Ruth Orthmann&nbsp;; D\u00e9cors Angelo Linzalata&nbsp;; Costumes Giada Palloni&nbsp;; Lumi\u00e8res Guido Levi&nbsp;; Vid\u00e9o Luca Scarzella. Avec&nbsp;: Klaus Florian Vogt&nbsp;: Le Sire Huon de Bordeaux&nbsp;; Arttu Kataja&nbsp;: Scherasmin&nbsp;; Tansel Akzeybek&nbsp;: Oyeron&nbsp;; Silvia de La Muela&nbsp;: Puck&nbsp;; Ricarda Merbeth&nbsp;: Rezia&nbsp;; Roxana Constantinescu&nbsp;: Fatima&nbsp;; Adrineh Simonian&nbsp;: Une nymphe de la Mer&nbsp;; Volker Muthmann&nbsp;: R\u00e9citant . Orchestre national du Capitole de Toulouse&nbsp;; Ch\u0153urs du Capitole, direction Alfonso Caiani. Direction&nbsp;: Rani Caldero<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Stoecklin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier et superbe op\u00e9ra de Weber au Capitole \u00e9crit par&nbsp;Hubert Stoecklin&nbsp;26 avril 2011 Oberon musicalement splendide, oui mais visuellement\u2026 On sait&nbsp; gr\u00e9 \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Chambert de son amour pour les op\u00e9ras rares de Carl Maria Von Weber. D\u00e8j\u00e0 l\u2019an dernier en version de concert, il nous avait propos\u00e9 une fort belle interpr\u00e9tationd\u2019Euryanthe. 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