{"id":1395,"date":"2011-09-20T17:09:00","date_gmt":"2011-09-20T17:09:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1395"},"modified":"2026-06-08T17:11:30","modified_gmt":"2026-06-08T17:11:30","slug":"tugan-sokhiev-star-star","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/tugan-sokhiev-star-star\/","title":{"rendered":"Tugan Sokhiev Star Star"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Le Sacre de Tugan Sokhiev, en Tsar star !<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e9crit par&nbsp;<a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\">Hubert Stoecklin<\/a>&nbsp;20 septembre 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Le Sacre de Tugan Sokhiev<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/09\/20\/le-sacre-de-tugan-sokhiev-en-tsar-star\/tugan-sokhievphoto-marco-borggreve-2\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/Tugan-Sokhiev-13-cr%C3%A9dit-Marco-Borggreve-682x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3306\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Salle comble pour ce concert de rentr\u00e9e de l\u2019orchestre du Capitole en partenariat avec Piano aux Jacobins. Quel moment\u00a0! Un programme tout russe par des interpr\u00e8tes survolt\u00e9s<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Une raret\u00e9 que ce concerto de Khatchaturian<\/em>\u00a0! Certes la partition est par moments\u00a0 emphatique, et risquerait de tomber dans une certaine caricature, mais les talents conjugu\u00e9s du chef, du pianiste et de l\u2019orchestre en font un moment stimulant et \u00e9nergisant. Les m\u00e9lodies vigoureuses ou tendres bas\u00e9es sur le folklore\u00a0 caucasien ouvrent vers un orientalisme original. Les rythmes vigoureux et les empilements d\u2018instruments \u00e9voquent l\u2019\u00e9poque brutale de la fin des ann\u00e9es 30 en Russie. La direction ludique et pr\u00e9cise de Tugan Sokhiev, sa complicit\u00e9 avec les musiciens d\u2019orchestre autant que le pianiste conf\u00e8re beaucoup d\u2019a\u00e9ration \u00e0 une partition un peu compacte. Le jeu d\u00e9licat mais assumant une part de violence, en cas de n\u00e9cessit\u00e9, <strong>de Boris Beresovsky est en parfaite osmose avec cette direction si pleine de vie<\/strong>. Les instrumentistes rivalisent de finesse et de beaut\u00e9 sonore. Rien que dans le mouvement lent violoncelle, fl\u00fbte et clarinette basse m\u00e9ritent un tendre hommage \u00e0 leur musicalit\u00e9 rare en raison de nuances piano timbr\u00e9es, d\u2019un admirable effet. L\u2019\u00e9motion est consid\u00e9rable et les regards entre musiciens, chef et soliste sont le gage de ce partage amical. La solidit\u00e9 technique de Boris Berezovsky est toujours int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la plus rare musicalit\u00e9. Jamais la moindre h\u00e9g\u00e9monie virtuose ne tente ce pianiste inou\u00ef. <strong>En bis, il offre deux partitions tr\u00e8s oppos\u00e9es de Khatchaturian, une berceuse legato mais assez vigoureuse pour nos oreilles sensibles, et une Toccata diabolique. Les dons de Boris Berezovsky explosent en ces deux extr\u00eames\u00a0: il semble pouvoir faire tout ce qu\u2019il veut d\u2019un piano.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/09\/20\/le-sacre-de-tugan-sokhiev-en-tsar-star\/berezovsky-2\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/berezovsky1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3307\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Orchestralement si le concerto r\u00e9serve de beaux moments \u00e0 l\u2019orchestre ce sont les deux suites de ballet de Stravinski qui mettent les projecteurs sur absolument toutes les familles de musiciens. Nous aimerions parler de chacun tant \u00e0 chaque instant des p\u00e9pites ont brill\u00e9. Osant des nuances sur un fil le basson, ouvre le <strong>Sacre du Printemps<\/strong> avec une \u00e9motion rarement retrouv\u00e9e dans cette pi\u00e8ce brillante. Si ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que l\u2019Orchestre toulousain interpr\u00e8te cette pi\u00e8ce jamais le public ne l\u2019avait entendue si parfaitement. Gageons que l\u2019enregistrement r\u00e9alis\u00e9 les jours pr\u00e9c\u00e9dents leur a permis d\u2019en peaufiner les moindres strates, car vraiment il est bien rare d\u2019entendre si clairement tout ce que cette partition diabolique contient. La qualit\u00e9 premi\u00e8re du son de l\u2019orchestre est la jeunesse et la lumi\u00e8re. La pr\u00e9cision rythmique force ensuite l\u2019admiration ainsi que l\u2019\u00e9nergie bouillonnante de chacun. De m\u00eame que chaque pupitre m\u00e9riterait une longue analyse de ses qualit\u00e9s, la direction de Tugan Sokhiev est d\u2019une inventivit\u00e9 qui subjugue. Il semble avoirs mille yeux et mains, tant il est pr\u00e9sent partout. La narrativit\u00e9 dramatique dont sa direction est gorg\u00e9e irrigue ce ballet de moments th\u00e9\u00e2traux aveuglants que ce soit de l\u2019\u00e9veil de la nature v\u00e9g\u00e9tale comme animale, l\u2019arriv\u00e9e du patriarche ou\u00a0 l\u2018envol de l\u2019\u00e2me de l\u2019\u00e9lue sacrifi\u00e9e. La souplesse des moments les plus archa\u00efques leur donne une dimension mythique par des \u00e9l\u00e9ments de danse pa\u00efenne omnipr\u00e9sente. Pi\u00e8ce hymnique, po\u00e8me d\u2019amour et de mort, ballet fulgurant, argument th\u00e9\u00e2tral sans \u00e2ge, toute se m\u00eale jusqu\u2019au vertige pour l\u2019auditeur qui ressort abasourdi, vieilli de milliers d\u2019ann\u00e9es et rajeuni de bien plus encore, les oreilles et l\u2019\u00e2me transport\u00e9es par un moment rare. L\u2019incandescence de cette interpr\u00e9tation passera-t-elle au disque\u00a0? Si c\u2019est le cas pr\u00e9parons-nous \u00e0 ce qu\u2019il fasse le tour de la plan\u00e8te\u00a0avec succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n\u2019est pas m\u00e9sestimer la suite de <strong>l\u2019Oiseau de feu <\/strong>que d\u2019en parler en dernier alors que cette suite ouvrait le concert. Un seul mot peut r\u00e9sumer cette interpr\u00e9tation. La flamboyance est partout et si une seule pi\u00e8ce r\u00e9sume cet adjectif, c\u2019est la berceuse tendre gonflant vers l\u2019incendie du grandiose final. On reste sans voix devant une telle perfection. Le feu fait musique, on vous dit\u00a0! On ne peut d\u2019avantage s\u2019expliquer. Les mots sont trop pauvres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un concert de rentr\u00e9e qui Sacre Tugan Sokhiev Tsar star \u00e0 Toulouse. Longue vie \u00e0 cette collaboration br\u00fblante avec l\u2019Orchestre du Capitole qui lui a tout donn\u00e9 avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 au point qu\u2019aucun bis n\u2019a pu \u00eatre propos\u00e9. Tout avait \u00e9t\u00e9 offert lors du concert&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Stoecklin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toulouse. Halle aux Grains. 17 septembre 2011.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Sacre de Tugan Sokhiev, en Tsar star ! \u00e9crit par&nbsp;Hubert Stoecklin&nbsp;20 septembre 2011 Le Sacre de Tugan Sokhiev Salle comble pour ce concert de rentr\u00e9e de l\u2019orchestre du Capitole en partenariat avec Piano aux Jacobins. Quel moment\u00a0! Un programme tout russe par des interpr\u00e8tes survolt\u00e9s. Une raret\u00e9 que ce concerto de Khatchaturian\u00a0! 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