{"id":1404,"date":"2011-11-14T17:21:00","date_gmt":"2011-11-14T17:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1404"},"modified":"2026-06-08T17:23:22","modified_gmt":"2026-06-08T17:23:22","slug":"une-cantatrice-a-limmense-sensibilite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/une-cantatrice-a-limmense-sensibilite\/","title":{"rendered":"Une cantatrice \u00e0 l&rsquo;immense sensibilit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Das Lied von der Erde tant attendu.<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e9crit par&nbsp;<a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\">Hubert Stoecklin<\/a>&nbsp;14 novembre 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est un peu incroyable, mais ce Chant de la Terre, si aim\u00e9e et si connu des discophiles n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 qu\u2019une fois \u00e0 Toulouse et dans de mauvaises conditions. Je ne sais si cela valait la peine d\u2019attendre mais \u00e0 la fin de ce concert, sur les derniers Ewig, plus d\u2019un aura eu, la gorg\u00e9 serr\u00e9e par l\u2019\u00e9motion ou les larmes au bord des yeux, \u00e0 la pens\u00e9e qu\u2019une si belle interpr\u00e9tation ne s\u2019entend pas souvent dans une vie. Prenant le concert \u00e0 rebours pour parler du meilleur disons que ce dernier Lied, dont les&nbsp; ultimes vers sont de la plume de Mahler, est la pi\u00e8ce, parmi tant de confessions sublimes, la plus proche de l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e2me de Mahler avant sa mort. Lorsqu\u2019il composa cet hymne \u00e0 la vie, qui perdure bien au-del\u00e0 d\u2019une humaine existence, il se sait condamn\u00e9 et par un&nbsp; extraordinaire travail de m\u00e9lancolie l\u2019accepte. Il faut des interpr\u00e8tes de tout premier plan pour rendre \u00e0 ce chef-d\u2019\u0153uvre la part qui lui revient. Non seulement une voix profonde, g\u00e9n\u00e9ralement de femme, mais pas obligatoirement, quatre instrumentistes solistes au sommet, hautbois, fl\u00fbte, cor et clarinette. Le chef doit discipliner un grand orchestre symphonique pour en faire un maelstr\u00f6m de chambristes aguerris. L\u2019orchestre du Capitole de Toulouse ne cesse de progresser mais a depuis longtemps compt\u00e9 une famille de bois de niveau international. Ainsi ce soir, les meilleurs solistes se sont retrouv\u00e9s pour des moments de sublime harmonie. Sandrine Tilly \u00e0 la fl\u00fbte a dialogu\u00e9 avec la voix pour sugg\u00e9rer toute la d\u00e9licatesse du chant des oiseaux. Le hautbois hyper lyrique et sensible de Christian Fougeroux a phras\u00e9 ses m\u00e9lodies comme un ange. Le cor de Jacques Deleplancque a cette couleur si m\u00e9lancolique et cette pr\u00e9cision qui fait de ses appels des moments de grande po\u00e9sie. La clarinette de David Minetti se coule avec bonheur dans les moindres interstices de la partition pour animer la langueur des courbes mahl\u00e9riennes. Gong, celesta et mandoline apportant leurs couleurs originales, avec pr\u00e9cision et d\u00e9lectation. Tous les instrumentistes ont particip\u00e9, avec tact et efficacit\u00e9, \u00e0 ce moment de grande musicalit\u00e9. La soliste vocale, Christiane Stotjin est une mezzo-soprano au timbre assez clair capable de mille colorations. Si le bas de la tessiture n\u2019a pas l\u2019ampleur de certains&nbsp; contraltos, les phrases aigues ont une capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019all\u00e9ger et \u00e0 planer vers les cieux comme peu savent le faire. Mais cette chanteuse est avant tout musicienne et des plus fines. La construction de sa tr\u00e8s belle et personnelle interpr\u00e9tation repose sur un texte dit avec une admirable th\u00e9\u00e2tralit\u00e9. \u00c0 la fois actrice et trag\u00e9dienne, la beaut\u00e9 de son&nbsp; visage \u00e9clair\u00e9 par son chant inspir\u00e9, nous ont fait comprendre les moindres intentions des po\u00e8mes. Comme cet adieu m\u00e9lancolique est fort, triste et beau \u00e0 la fois. La vie humaine et si courte mais peut \u00eatre si intense&nbsp;! Cet Abschied, qui dure tant et ici sur un tempo tr\u00e8s \u00e9tir\u00e9, a \u00e9t\u00e9 un moment de pur bonheur partag\u00e9. Une telle intensit\u00e9 et une telle sensibilit\u00e9 dans une voix si ductile est pure Po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/11\/14\/das-lied-von-der-erde-tant-attendu\/christianne-stotijn-photo-marco-borggreve\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/p552419102-300x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3921\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette apoth\u00e9ose qui a offert une \u00e9motion si pr\u00e9cieuse s\u2019int\u00e9grait dans un concert assez h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Le chef invit\u00e9, Juanjo Mena, jeune baguette espagnole qui vient de prendre ses fonctions au BBC Philharmonic a fait jusqu\u2019ici un parcours sans faute, gravissant les plus beaux \u00e9chelons. Incontestablement il a des qualit\u00e9s de lyrisme et de coloriste enviables. Mais ne connaissant pas bien les pi\u00e8ges acoustiques de la Halle-aux Grains il a laiss\u00e9 bien souvent l\u2019orchestre sonner trop fort. Cela a \u00e9t\u00e9 fatal pour le t\u00e9nor. Ainsi Das Trinklied avec sa fr\u00e9n\u00e9tique entr\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 trop brutale et n\u2019a pas permis \u00e0 Robert Dean Smith d\u2019offrir tout l\u2019airain de son timbre. Pourtant quel Empereur de la Femme sans Ombres il a \u00e9t\u00e9 au Capitole et quel Ch\u00e9nier aussi&nbsp;! Les spectateurs de c\u00f4t\u00e9 ont certainement eu du mal \u00e0 l\u2019entendre malgr\u00e9 une projection admirable. Aigus aussi beaux que claironnants, graves sonores et medium color\u00e9 font de cette voix celle d\u2019un vrai heldent\u00e9nor styl\u00e9. Mais avec un tel d\u00e9ferlement orchestral il a fallu la d\u00e9licatesse de Von der Jugend pour d\u00e9couvrir les qualit\u00e9s vocales de ce t\u00e9nor si malmen\u00e9. Avec ses qualit\u00e9s si humaines et sensibles, Christiane Stotjin a illumin\u00e9 de sa pr\u00e9sence ses deux autres Lied, dits avec un art de Lieders\u00e4ngerin accomplie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand \u00e0 vouloir offrir une premi\u00e8re partie au Chant de la Terre, \u0153uvre si riche, cela ne coule pas de source. Le choix de donner une lecture du seul mouvement compl\u00e8tement orchestr\u00e9 de sa dixi\u00e8me symphonie n\u2019est pas une mauvaise id\u00e9e car la m\u00e9lancolie mahlerienne y coule de la m\u00eame eau. Las le chef et l\u2019orchestre ne se sont pas trouv\u00e9s au-del\u00e0 de beaux moments fragmentaires. Le sens du discours, la construction si moderne et les audaces sont ici absents\u2026 la gestion des nuances, la souplesse et l\u2019ampleur des phras\u00e9s \u00e9galement\u2026 Dommage&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est toute l\u2019intense beaut\u00e9 de l\u2019Abschied qui laissera un souvenir \u00e9mu inoubliable et pour longtemps.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/2011\/11\/14\/das-lied-von-der-erde-tant-attendu\/p329907783-2\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/p3299077831-674x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3926\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toulouse. Halle-aux-Grains . Le 11 novembre 2011. Gustave Mahler (1860-1911)&nbsp;:&nbsp; Symphonie n\u00b0 10, Adagio&nbsp;; Das Lied von der Erde. Christiane Stotjin, mezzo-soprano&nbsp;; Robert Dean Smith, t\u00e9nor&nbsp;; Orchestre National du Capitole&nbsp;; Direction&nbsp;: Juanjo Mana.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Das Lied von der Erde tant attendu. \u00e9crit par&nbsp;Hubert Stoecklin&nbsp;14 novembre 2011 C\u2019est un peu incroyable, mais ce Chant de la Terre, si aim\u00e9e et si connu des discophiles n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 qu\u2019une fois \u00e0 Toulouse et dans de mauvaises conditions. Je ne sais si cela valait la peine d\u2019attendre mais \u00e0 la fin de &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/une-cantatrice-a-limmense-sensibilite\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Une cantatrice \u00e0 l&rsquo;immense sensibilit\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1406,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1404","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-concert"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1404","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1404"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1404\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1405,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1404\/revisions\/1405"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1406"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1404"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1404"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1404"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}