{"id":1407,"date":"2011-11-23T17:24:00","date_gmt":"2011-11-23T17:24:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1407"},"modified":"2026-06-08T17:26:35","modified_gmt":"2026-06-08T17:26:35","slug":"bruno-montovani-au-novelum","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/bruno-montovani-au-novelum\/","title":{"rendered":"Bruno Montovani au Novelum"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mantovani en chef et compositeur au Festival Novelum<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e9crit par&nbsp;<a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\">Hubert Stoecklin<\/a>&nbsp;23 novembre 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tugan Sokhiev a un r\u00e9pertoire bien vaste, mais il sait passer la main. Ainsi Bruno Mantovani, compositeur en r\u00e9sidence, a donc dirig\u00e9 ce soir ce concert dans le cadre du festival Novelum.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9but du concert a permis de d\u00e9guster, dans un Allemand limpide, le tr\u00e8s beau texte de Richard Dehmel. Le r\u00e9citant, Thomas Niklos, a su avec tact et hauteur d\u2019\u00e2me rendre cette po\u00e9sie noble et bouleversante sans pathos superflu. La longue pi\u00e8ce lyrique de Schoenberg est ensuite le commentaire de ce po\u00e8me \u00e0 la gloire de l\u2019amour d\u00e9passant le simple narcissisme pour s\u2019ouvrir \u00e0 accueillir la femme aim\u00e9e et le fruit de son amour d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 pour un autre. Pi\u00e8ce \u00ab&nbsp;facile&nbsp;\u00bb pour d\u00e9couvrir le monde de Schoenberg elle est une des plus connues du chef de file de l\u2019\u00e9cole de Vienne. Tout y est lyrisme et ascension. La grande satisfaction vient de la belle sonorit\u00e9 de toutes les cordes, v\u00e9ritablement survolt\u00e9es. Dans sa version pour grand orchestre \u00e0 corde, ce sextuor prend une dimension cosmique. Les moments de subtile \u00e9coute entre les solistes du quatuor \u00e0 corde et particuli\u00e8rement les duos violon-alto, (ah la sonorit\u00e9 exquise de Genevi\u00e8ve Laurenceau&nbsp;!), ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement s\u00e9duisants. Ces passages entre grand orchestre et moments solistes ont \u00e9t\u00e9 parfaitement dos\u00e9s par Bruno Mantovani. Pourtant les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Wagner et Mahler sont nombreuses dans ces pages. Rien que le d\u00e9but \u00e9voque le prologue de l\u2019Or du Rhin, plus tard c\u2019est Parsifal qui est imagin\u00e9 ou le lyrisme de la deuxi\u00e8me symphonie de Mahler. Le parti pris de direction limpide et froide rend hommage \u00e0 la perfection formelle qui rencontre la perfection instrumentale des cordes de l\u2019orchestre du Capitole, sans l\u2019\u00e9motion po\u00e9tique attendue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le concerto pour Clarinette basse de Mantovani, dat\u00e9 de 2003, est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Toulouse en d\u00e9but de deuxi\u00e8me partie du concert. Cette partition veut rendre hommage \u00e0 Schubert, plus exactement au piano des lieder de Schubert. Avouons que les r\u00e9f\u00e9rences \u00e9taient bien cach\u00e9es pour votre serviteur, amoureux de Schubert et ses lieder\u2026 pas plus la forme que l\u2019esprit, ne nous ont rappel\u00e9 le compositeur de lieder si prolixe\u2026 Cette partition virtuose demande des tr\u00e9sors d\u2019intelligence musicale au soliste. L\u2019orchestre lui, semble plus discr\u00e8tement sollicit\u00e9, m\u00eame si les \u00e9changes entre le soliste et les groupes d\u2019instruments sont parfois int\u00e9ressants. Toutes les \u00ab&nbsp;modernit\u00e9s&nbsp;\u00bb, datant pourtant des exp\u00e9rimentations du XX\u00b0 si\u00e8cle, sont utilis\u00e9es. La capacit\u00e9 percussive des clefs, l\u2019utilisation du souffle pour claquer les sons, les quarts de tons, l\u2019utilisation des harmoniques. Le jeu d\u2019Alain Billard est sid\u00e9rant de calme et d\u2019assurance entre toutes ces possibilit\u00e9s de l\u2019instrument. Les sonorit\u00e9s vari\u00e9es sont fascinantes, mais l\u2019impression g\u00e9n\u00e9rale est que la beaut\u00e9 du son noble et franc de l\u2019instrument n\u2019est pas suffisamment pr\u00e9sente, alors que justement c\u2019est probablement l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments les plus schubertiens. La violence et la d\u00e9pression g\u00e9n\u00e9rale \u00e9manant de l\u2019oeuvre n\u2019est pas non plus une caract\u00e9ristique de notre cher Frantz Schubert, qui dans les moments les plus sombres de son existence n\u2019a cess\u00e9 de faire bonne figure. Les moments les plus riches nous ont sembl\u00e9 ceux ou les harmoniques de la clarinette basse rencontraient celles d\u2019autres familles de l\u2019orchestre, tout particuli\u00e8rement les cuivres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour terminer le programme c\u2019est une partition rarissime de Bartok que le public a pu d\u00e9couvrir. Ce prince de bois est une partition de ballet r\u00e9duite ce soir en sa suite pour orchestre. Le souci du chef n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 de rendre \u00e0 ces pages leur dimension th\u00e9\u00e2trale ou dansante. La mise en place a \u00e9t\u00e9 impeccable, les nuances assourdissantes ou subtiles, mais jamais la moindre intention dans cette direction centr\u00e9e sur la beaut\u00e9 du son. Mantovani n\u2019est pas un chef au sens de celui qui raconte, donne la direction d\u2019une \u0153uvre. Il sait mettre en place une tr\u00e8s belle alchimie de sons mais sans vraiment s\u2019occuper du sens \u00e0 leur donner. C\u2019est donc une premi\u00e8re d\u00e9couverte de cette riche partition qui sous une autre baguette (suivez mon regard) auraient su m\u00ealer cette perfection formelle au th\u00e9\u00e2tre et \u00e0 la danse, contenus dans cette musique faussement grotesque. Il y a du drame l\u00e0-dedans, celui d\u2019une \u00e9poque de guerre tragique et d\u2019un compositeur abattu, car la partition date de 1914 \u00e0 1916. L\u2019orchestre a sonn\u00e9 merveilleusement et a \u00e9t\u00e9 d\u2019une virtuosit\u00e9 parfaite, les percussions tout particuli\u00e8rement avec un tout jeune timbalier sid\u00e9rant de vivacit\u00e9. L\u2019orchestre du Capitole a su assurer pleinement les exigences de la partition et se montre digne de son classement parmi les trois meilleurs orchestres Fran\u00e7ais paru dans Figaro. Reste en Bruno Mantovani, un chef en devenir et un compositeur d\u00e9j\u00e0 impressionnant. Le public a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9reux dans ses applaudissements prouvant sa capacit\u00e9 \u00e0&nbsp; revoir cette musique, au final pas si moderne \u00e0 ses oreilles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mantovani en chef et compositeur au Festival Novelum \u00e9crit par&nbsp;Hubert Stoecklin&nbsp;23 novembre 2011 Tugan Sokhiev a un r\u00e9pertoire bien vaste, mais il sait passer la main. 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