{"id":1422,"date":"2013-11-27T12:58:00","date_gmt":"2013-11-27T12:58:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1422"},"modified":"2026-06-09T12:59:51","modified_gmt":"2026-06-09T12:59:51","slug":"decca-reedite-bruno-rigutto","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/decca-reedite-bruno-rigutto\/","title":{"rendered":"DECCA R\u00e9\u00e9dite Bruno Rigutto"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/utmisol.fr\/illustrations\/465-1198.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Juste apr\u00e8s avoir gagn\u00e9 le concours Tcha\u00efkovski DECCA demandait au pianiste fran\u00e7ais d\u2019enregistrer une s\u00e9rie de disques. Il est possible de rendre hommage \u00e0 la clairvoyance d\u2019alors. Certes Bruno Rigutto avait d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9 le concours Margueritte Long et avait \u00e9t\u00e9 le seul \u00e9l\u00e8ve de Samson Fran\u00e7ois, mais surtout ses qualit\u00e9s de fin musicien \u00e9taient d\u2019embl\u00e9e pr\u00e9sentes, sous la virtuosit\u00e9 fulgurante. Nous cheminerons dans ce coffret qui m\u00e9lange parfois les 33 tours d\u2019origine sans tenir compte des dates. La prise de son Decca est excellente et le soigneux transfert num\u00e9rique respecte le souffle d\u2019origine. De mani\u00e8re intemporelle, le piano est tr\u00e8s charnu et pr\u00e9sent, \u00e0 la limite de la saturation avec une tr\u00e8s bonne spatialisation dans les concertos. Nous retrouvons ainsi les qualit\u00e9s de chaleur des 33 t d\u2019origine.&nbsp;<br>D\u00e8s le d\u00e9but, dans le&nbsp;<em>concerto pour piano&nbsp;<\/em>de Schumann la direction passionn\u00e9e de Kurt Masur surprend. L\u2019orchestre vrombit et Bruno Rigutto est au diapason de cette version, probablement la plus romantique que nous connaissons de ce concerto. Puissance, d\u00e9licatesse, nuances riches et couleurs infinies sont un souci constant du chef comme du pianiste. La vari\u00e9t\u00e9 des touch\u00e9s, jamais durs, permet une lisibilit\u00e9 parfaite des traits les plus ardus. Cette entente au sommet entre musiciens est un vrai bonheur!&nbsp;Et l\u2019Orchestre National de France est au sommet. Le tr\u00e8s rare&nbsp;<em>Konzertst\u00fcck<\/em>&nbsp;en sol majeur op. 92 est comme coul\u00e9 dans la m\u00eame passion. C\u2019est tout \u00e0 fait enthousiasmant!&nbsp;La Fantaisie en ut majeur qui compl\u00e8te le CD est magistrale de tension-d\u00e9tente. Ainsi se confirme une science des nuances et des couleurs qui permet de cr\u00e9er \u00e0 l\u2019instant les atmosph\u00e8res si oppos\u00e9es de Robert Schumann. En allant vers le CD 5 \u00e9coutons d\u2019autres pi\u00e8ces de Schumann. La virtuosit\u00e9 la plus diabolique, (on sait que Schumann n\u2019est pas ais\u00e9 pour les doigts), sert l\u2019expression \u00e0 chaque moment. Eusebian et Florestan dialoguent avec une admiration r\u00e9ciproque. Notre pr\u00e9f\u00e9rence va \u00e0 une suite sublime de po\u00e9sie des sc\u00e8nes d\u2019enfants, rendues \u00e0 une sorte d\u2019\u00e9vidence.&nbsp;<em>Des pays lointains&nbsp;<\/em>et<em>&nbsp;R\u00eaverie<\/em>&nbsp;sont des joyaux purs, simples et profonds \u00e0 la fois. Remarquons que Decca a bien fait les choses qui indexe chaque sc\u00e8ne.&nbsp;<em>Faire peur<\/em>&nbsp;est un mod\u00e8le de surprises renouvel\u00e9es et quelle technique fulgurante!&nbsp;Les quatre Lizst qui compl\u00e8tent le disque tiennent en peu de mots:&nbsp;virtuose autant que peintre et po\u00e8te. Et quel sens aigu de la d\u00e9clamation dans un&nbsp;<em>Sospiro<\/em>&nbsp;et le&nbsp;<em>123\u00e8 Sonnet&nbsp;<\/em>de P\u00e9trarque.&nbsp;<br>Trois CD nous permettent de d\u00e9guster le Chopin de Rigutto que le monde entier appr\u00e9cie. Il y peu a dire tant tout sonne naturel, po\u00e9tique et \u00e9vidant. Chopin est pr\u00e9sent sous ses doigts tel que nous le r\u00eavons. Techniquement impeccable, riche en nuances et en couleurs, avec force sans mi\u00e8vrerie le piano de Rigutto offre un Chopin id\u00e9al. La pr\u00e9cision n\u2019exclut pas un rubato exquis et la rigueur se marie \u00e0 la po\u00e9sie. Le&nbsp;<em>deuxi\u00e8me concerto<\/em>&nbsp;et la<em>&nbsp;grande polonaise<\/em>b\u00e9n\u00e9ficient de la direction exacte de Louis de Froment. Mais c\u2019est le r\u00e9cital de 1975 avec quatre&nbsp;<em>polonaises<\/em>, deux&nbsp;<em>nocturnes&nbsp;<\/em>et la<em>&nbsp;fantaisie en fa mineur,&nbsp;<\/em>celui qui a \u00e9t\u00e9 sa carte de visite la plus appr\u00e9ci\u00e9e, qui reste notre pr\u00e9f\u00e9rence. Les valses sont pourtant bien s\u00e9duisantes \u00e9galement.&nbsp;<br>Les trois derniers CD compl\u00e8tent le portrait d\u2019un pianiste qui ne s\u2019est pas laiss\u00e9 enfermer dans un r\u00e9pertoire, fusse Chopin. Les<em>&nbsp;concertos&nbsp;<\/em>de Haydn en<em>&nbsp;sol et r\u00e9 majeur&nbsp;<\/em>avec J. P. Wallez s\u00e9duisent par une \u00e9l\u00e9gance de tous les instants, une \u00e9nergie communicative et surtout une entente parfaite entre soliste, chef et orchestre. Le style et le bon go\u00fbt de ces interpr\u00e9tations les rendent tr\u00e8s attachantes.&nbsp;<br>Du concerto en sol mineur de Dvorak Rigutto et le chef Zdenek Macal avec l\u2019Orchestre Philharmonique de Radio France proposent une version nuanc\u00e9e et rac\u00e9e. Le concerto roi, le&nbsp;<em>premier concerto pour piano&nbsp;<\/em>de Tchaikovsky avec l\u2019Orchestre Philharmonique de Monte Carlo dirig\u00e9 par Yuri Ahronovitch est d\u2019une pr\u00e9cision et d\u2019une \u00e9l\u00e9gance peu habituelles. Le bon go\u00fbt du pianiste lui \u00e9vite bien des \u00e9cueils et les moments de grande douceur sont des merveilles (l\u2019Andantino!). Ferme et pond\u00e9r\u00e9, le jeu de Rigutto, sans rien l\u00e2cher de la virtuosit\u00e9, sait rester celui d\u2019un po\u00e8te quand tant d\u2019autres tapent fort. La pr\u00e9cision des derniers traits, parfaitement lisibles et articul\u00e9s, convaincra les plus difficiles. Cette version du bon go\u00fbt a\u00e8re un concerto parfois trop lourd. Le dernier CD comprend la<em>&nbsp;septi\u00e8me sonate&nbsp;<\/em>de Prokofiev et la&nbsp;<em>sonatine<\/em>&nbsp;de Ravel et l\u2019<em>Alborada&nbsp;<\/em>Del Gracioso. Le toucher percussif dans Prokofiev \u00e9vite toute duret\u00e9. La mise en valeur des harmoniques souvent surprenantes est passionnante. Et la pr\u00e9cision rythmique du final laisse sans voix. Le monde du piano de Ravel est abord\u00e9 avec gourmandise. Rigutto semble comprendre chaque climat, chaque nuance du piano de Ravel. Il manque un Debussy pour compl\u00e9ter le portrait. Et tant d\u2019autres \u0153uvres pour rendre hommage \u00e0 cet artiste complet\u2026 mais le coffret rec\u00e8le des tr\u00e9sors, alors ne c\u00e9dons pas aux regrets et d\u00e9gustons ces tr\u00e8s belles interpr\u00e9tations d\u2019un po\u00e8te du piano.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Stoecklin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">DECCA &#8211; Coffret 8 CD. Enregistrements de 1968 \u00e0 1978.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Publi\u00e9 le 27\/11\/2013 \u00e0 16:00, mis \u00e0 jour le 26\/01\/2019 \u00e0 19:35.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juste apr\u00e8s avoir gagn\u00e9 le concours Tcha\u00efkovski DECCA demandait au pianiste fran\u00e7ais d\u2019enregistrer une s\u00e9rie de disques. Il est possible de rendre hommage \u00e0 la clairvoyance d\u2019alors. 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