{"id":1426,"date":"2012-01-26T13:03:00","date_gmt":"2012-01-26T13:03:00","guid":{"rendered":"https:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=1426"},"modified":"2026-06-09T13:07:08","modified_gmt":"2026-06-09T13:07:08","slug":"orlando-en-video-cest-magnifique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/orlando-en-video-cest-magnifique\/","title":{"rendered":"Orlando en vid\u00e9o c&rsquo;est magnifique !"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Orlando Furioso<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vivaldi<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/utmisol.fr\/illustrations\/364-998.jpg\" alt=\"\" style=\"aspect-ratio:0.7301607406312817;width:214px;height:auto\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vivaldi au sommet:&nbsp;Orlando Furioso magnum!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gr\u00e2ce \u00e0 la&nbsp;\u00abVivaldi \u00e9dition\u00bb&nbsp;et ses nombreuses splendeurs r\u00e9habilit\u00e9es, nous pesons nos mots:&nbsp;<em>Orlando Furioso<\/em>&nbsp;nous appara\u00eet absolument comme le meilleur Op\u00e9ra du Pr\u00eatre Roux. La captation de cette version sc\u00e9nique au Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es est totalement \u00e0 la hauteur de la partition funambulesque de Vivaldi. La distribution est tri\u00e9e sur le volet. Trois changements de distribution sur sept r\u00f4les depuis la version discographique d\u2019excellence de 2004 enrichissent encore la dramaturgie du livret. Les chanteurs sont magnifiques, prouvant la naissance d\u2019une v\u00e9ritable \u00e9cole de chant vivaldienne:&nbsp;roulades, vocalises, r\u00e9citatifs haletants, soupirs languides, tout est parfaitement r\u00e9alis\u00e9. Marie-Nicole Lemieux en Orlando a encore gagn\u00e9 en force et la sc\u00e8ne lui permet de d\u00e9cupler l\u2019\u00e9nergie et la folie du r\u00f4le, car son jeu \u00e9pouse les colorations et la puissance de son chant. La voix est agile, r\u00e9pond \u00e0 chaque inflexion et peut tout ce qu\u2019un gosier humain ose en chant lyrique, c\u2019est inou\u00ef. Le personnage est criant de v\u00e9rit\u00e9 en sa silhouette trapue, barbue et chevelue, tr\u00e8s civilis\u00e9e au d\u00e9but, puis sans limites, ses mouvements si vrais construisent un personnage qui compte. Le jeu de la folie qui domine les deux derniers actes est vari\u00e9 et permet de comprendre l\u2019immense douleur m\u00e9lancolique du chevalier que l\u2019Amour pour Ang\u00e9lique a transform\u00e9 en b\u00eate. Si Orlando est saisissant, autant vocalement que sc\u00e9niquement, l\u2019Alcina de Jennifer Larmore ne lui c\u00e8de en rien. La cantatrice am\u00e9ricaine \u00e9maci\u00e9e et vive a un visage et une voix si expressifs que le personnage de la magicienne en sa beaut\u00e9 trouble et sa monstruosit\u00e9 inhumaine est construit \u00e0 la perfection. Les registres contrast\u00e9s de la voix r\u00e9pondent, entre beaut\u00e9 et laideur, \u00e0 son visage tour \u00e0 tour gracieux et carnassier. Les autres r\u00f4les fr\u00f4lent l\u2019id\u00e9al, avec des chanteurs-acteurs que costumes \u00e9l\u00e9gants et maquillages subtils font \u00e9voluer, la souffrance marquant les visages autant que l\u2019habillement. Veronica Cangemi gagne en intensit\u00e9 au fil de l\u2019op\u00e9ra, Kristina Hammarstr\u00f6m sait incarner les deux facettes de Bradamante, intransigeante et amoureuse \u00e9perdue avec sa voix d\u2019airain. Philippe Jaroussky d\u00e9passe son \u00e9mission sucr\u00e9e et prend de l\u2019\u00e9paisseur dramatique au fil des actes, ce qui n\u2019\u00e9tait pas gagn\u00e9. Romina Basso est un Medoro attachant et Christian Senn, seule voix d\u2019homme grave, fait sensation par son autorit\u00e9 en Astolfo. Le d\u00e9cor \u00e0 son tour traduit l\u2019\u00e9volution psychologique des personnages comme dans les r\u00eaves freudiens. La sobri\u00e9t\u00e9 et l\u2019intelligence de tout le dispositif sc\u00e9nique, la richesse du jeu d\u2019acteur font de ce spectacle l\u2019un des plus aboutis depuis longtemps. Le cast sc\u00e9nique a r\u00e9alis\u00e9 un travail d\u2019\u00e9quipe tr\u00e8s abouti. Pierre Audi pour la mise en sc\u00e8ne, Willem Bruls pour la dramaturgie, Patrick Kinmonth pour des d\u00e9cors et costumes somptueux d\u2019intelligence, et les lumi\u00e8res audacieuses de Peter Van Praet, construisent une ambiance cr\u00e9pusculaire \u00e9voquant \u00e0 la perfection la m\u00e9lancolie qui envahit le h\u00e9ros et le salon d\u2019Alcina. La captation vid\u00e9o est musicale en diable. Le noir envahit la sc\u00e8ne, la nuit dor\u00e9e devient lugubre et les briques noires du mur de fond de sc\u00e8ne signent le terme ultime du voyage th\u00e9\u00e2tral en folie majeure. L\u2019Ensemble Matheus est splendide, le continuo tr\u00e8s vari\u00e9 est athl\u00e9tique. La direction de Jean-Christophe Spinosi est comme galvanis\u00e9e par la sc\u00e8ne.&nbsp;<br>Penser qu\u2019une telle intensit\u00e9 et une telle virtuosit\u00e9 sans failles sont obtenues sur sc\u00e8ne tient du prodige tant on per\u00e7oit les risques fous pris par le chef, ses musiciens et ses chanteurs. Les Dacapo sont vari\u00e9s avec une po\u00e9sie rare, parfois sur le fil d\u2019une vocalit\u00e9 d\u00e9brid\u00e9e.&nbsp;<br>Un DVD indispensable pour tout amateur d\u2019op\u00e9ra et de th\u00e9\u00e2tre, novice comme amateur le plus exigeant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Stoecklin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1 DVD na\u00efve, enregistr\u00e9 en mars 2011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Orlando Furioso Vivaldi Vivaldi au sommet:&nbsp;Orlando Furioso magnum! Gr\u00e2ce \u00e0 la&nbsp;\u00abVivaldi \u00e9dition\u00bb&nbsp;et ses nombreuses splendeurs r\u00e9habilit\u00e9es, nous pesons nos mots:&nbsp;Orlando Furioso&nbsp;nous appara\u00eet absolument comme le meilleur Op\u00e9ra du Pr\u00eatre Roux. La captation de cette version sc\u00e9nique au Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es est totalement \u00e0 la hauteur de la partition funambulesque de Vivaldi. 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