{"id":461,"date":"2020-10-03T21:40:00","date_gmt":"2020-10-03T21:40:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=461"},"modified":"2023-01-31T21:48:11","modified_gmt":"2023-01-31T21:48:11","slug":"la-musique-contre-la-peur","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/la-musique-contre-la-peur\/","title":{"rendered":"LA MUSIQUE contre la peur !"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le samedi 3 Octobre 2020. Joseph Haydn&nbsp;: Symphonie n\u00b095 ; Ludwig Van Beethoven&nbsp;: Concerto pour piano et orchestre n\u00b04&nbsp;; Symphonie n\u00b08&nbsp;; Orchestre National du Capitole de Toulouse&nbsp;; Ishay Shaer, piano&nbsp;; Maxim Emelyanychev, direction.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/maxim-emelyanychev.jpg\" alt=\"Maxim Emelyanychev\" class=\"wp-image-108127\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maxim Emelyanychev<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>L\u2019\u00e9nergie in\u00e9puisable de Maxim Emelyanychev nous emporte&nbsp;!<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>La gr\u00e2ce d\u2019 Ishay Shaer nous enchante&nbsp;!<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Haydn, professeur de Beethoven il est rendu hommage avec une de ses symphonies londoniennes mais c&rsquo;est bien le g\u00e9ant de Bonn, Beethoven, qui domine le programme de ce beau concert. Malgr\u00e9 ses 20 minutes la symphonie n\u00b095 de Haydn passe sans laisser grande impression. Si, bien s\u00fbr, une belle mise en espace, de larges phras\u00e9s et une \u00e9nergie d\u00e9bordante, toutes dues \u00e0 la direction sensationnelle du chef russe. Mais cela fait figure de hors d\u2019\u0153uvre pour la suite car ces m\u00eames qualit\u00e9s seront encore plus pr\u00e9sentes. En effet les deux \u0153uvres de Beethoven sont si puissantes qu&rsquo;elles rendent un vibrant hommage au g\u00e9nie de Beethoven. Le quatri\u00e8me concerto pour piano de Ludwig Van Beethoven est peut-\u00eatre mon pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Son \u00e9quilibre parfait entre orchestre et piano le rend particuli\u00e8rement \u00e9mouvant. L&rsquo;entr\u00e9e du piano solo suivi par la longue introduction orchestrale saisit l&rsquo;auditeur par son audace et la puissance de son d\u00e9veloppement orchestral v\u00e9ritablement symphonique. Puis le dialogue si intimement nou\u00e9 avec le pianiste nous emporte. La qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9quilibre entre le soliste, le chef et l\u2019orchestre se r\u00e9v\u00e8le ainsi d\u00e8s ces premi\u00e8res mesures. Et nous aurons ce soir une entente musicale \u00e9tonnante. Elle fonctionne \u00e0 merveille entre un pianiste solaire, d\u00e9pouill\u00e9 et mesur\u00e9 et un chef d\u00e9bordant de vitalit\u00e9, capable de brusquer les nuances, contorsionner les lignes chantantes et exacerber les rythmes. Le premier mouvement \u00e9l\u00e9gant et puissant, avance avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Les solistes instrumentaux de l\u2019orchestre dialoguent avec feu avec un pianiste tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute. Le jeu est \u00e9gal entre tous, sans recherche de leadership. La musique se d\u00e9ploie somptueuse et rayonnante de bonheur. Le jeu d\u2019Ishay Shaer est tr\u00e8s clair, souple et d\u00e9licat. Jamais de recherche de force, tout lui semble d&rsquo;une facilit\u00e9 d\u00e9concertante. Trilles, fus\u00e9es, longues phrases, rythmes charpent\u00e9s tout ce que nous attendons de Beethoven est l\u00e0. Le chef avance avec vigueur et sait relancer les phras\u00e9s avec efficacit\u00e9. C\u2019est le deuxi\u00e8me mouvement, celui qui organise un face \u00e0 face unique entre un piano orant et un orchestre tonnant, qui permet aux artistes de th\u00e9\u00e2traliser leur propos. La d\u00e9licatesse de la sonorit\u00e9 et la subtilit\u00e9 des phras\u00e9s d\u2019Ishay Shaer construisent une pri\u00e8re irr\u00e9sistible. La m\u00e9chancet\u00e9 et la violence de l\u2019orchestre de Maxim Emelyanychev, sa s\u00e8cheresse, nous font peur et nous permettent une identification imm\u00e9diate au piano. La mort renonce (provisoirement) et le chant du piano sera vainqueur. Quel moment \u00e9mouvant&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ishay-shaer-david-jacobs.jpg\" alt=\"Ishay Shaer \u00a9 David Jacobs\" class=\"wp-image-107616\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ishay Shaer \u00a9 David Jacobs<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jamais une telle opposition, douloureusement enfonc\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la garde ne m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e d&rsquo;entendre dans ce mouvement si admirable dont le d\u00e9but prend ce soir une dimension plan\u00e9taire, avec cette peur qui gouverne le monde. C&rsquo;est toute l&rsquo;opposition des temp\u00e9raments, leurs qualit\u00e9s se renfor\u00e7ant mutuellement qui fait le prix de cette rencontre de musiciens d&rsquo;exceptions. L&rsquo;Orchestre du Capitole, t\u00e9moin de cette rencontre inoubliable fonce dans la m\u00eal\u00e9e avec un amour du beau son et de la puissance des sonorit\u00e9s. Le dialogue entre le piano et l&rsquo;orchestre est d&rsquo;une intelligence souveraine. La soudainet\u00e9 du final lib\u00e8re la tension accul\u00e9e dans cet andante nourrit d&rsquo;\u00e9motions puissantes. Le final caracole avec une vivacit\u00e9 r\u00e9jouissante. Nous avons le bonheur de trouver dans la vivacit\u00e9 le plaisir du partage entre virtuoses. <strong>Le public fr\u00e9mit de plaisir, il s&rsquo;est reconnu dans cette musique d&rsquo;oppositions et esp\u00e8re cette joie finale. Chacun veut la fin du cauchemar qu&rsquo;a fait na\u00eetre un petit virus couronn\u00e9 relay\u00e9 et amplifi\u00e9 par nos d\u00e9cideurs. La pri\u00e8re du piano avait quelque chose de tr\u00e8s personnel ce soir. Alors la joie du final est notre espoir \u00e0 tous, et dans cette interpr\u00e9tation la vivacit\u00e9 des traits du pianiste est sid\u00e9rante, associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie sans limite de la direction du chef. Les derni\u00e8res mesures sont quasiment de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 pure et en haute tension\u00a0! \u00a0Le public exulte \u00e0 deux pas de la standing ovation.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9licat pianiste isra\u00e9lien, tous sourires, revient saluer et offre un bis d&rsquo;une grande beaut\u00e9 comme la suite de la cadence du concerto allant vers l&rsquo;une des plus sublimes \u0153uvres de Bach. Le Choral \u00ab\u00a0J\u00e9sus que ma joie demeure\u00a0\u00bb immortalis\u00e9 par l&rsquo;adaptation de Myra Hess provoque une belle et vaste \u00e9motion. Ce choix de fin musicien est digne de cet artiste sensible. C&rsquo;est la musique de la beaut\u00e9 et de l\u2019espoir en ses plans qui se m\u00ealent et se respectent\u00a0: \u00a0chant de la joie de vivre que rien ne peut contraindre. Et il lie ainsi Bach, Haydn et Beethoven\u00a0: le graal germanique de la musique classique\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s tant d\u2019\u00e9motions contrast\u00e9es, la derni\u00e8re \u0153uvre va nous entra\u00eener vers la joie pure. La huiti\u00e8me symphonie de Beethoven est relativement courte et avance sans rel\u00e2che. Elle ne comporte pas de mouvement lent et semble au sein de ces neuf symphonies la plus heureuse. Le rythme y est tr\u00e8s pr\u00e9sent et Maxim Emelyanychev semble en appr\u00e9cier toutes les facettes. Parfois il va jusqu&rsquo;\u00e0 une forme de brutalit\u00e9 tant l&rsquo;\u00e9nergie semble cogner contre la structure. Mais il est impossible de r\u00e9sister au s\u00e9isme musical d\u00e9clench\u00e9 par le bouillonnant chef russe. Cette mani\u00e8re d\u2019exacerber les contrastes et les nuances a ind\u00e9niablement quelque chose de baroque. N&rsquo;oublions pas que le jeune chef si dou\u00e9 est un grand amateur de musiques baroques et joue du cornet \u00e0 bouquin. L\u2019humour avec cette moquerie du m\u00e9tronome dans le deuxi\u00e8me mouvement est un vrai r\u00e9gal musical. Cette symphonie moins grandiose et moins connue du public est en tout cas sous une direction si \u00e9nergique une \u0153uvre inestimable, surtout en ces temps incertains. Une \u0153uvre si engag\u00e9e et enthousiaste est une b\u00e9n\u00e9diction face \u00e0 la terreur que les politiques et les m\u00e9dias nous distillent sans pudeur. Voil\u00e0 un programme de concert th\u00e9rapeutique. Nous avons besoin de cette \u00e9nergie sans masques, de cette beaut\u00e9 sans concession et de cette volont\u00e9 indomptable de croire au bonheur sans faiblesse.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/emelyanychev-3oct-1.jpg\" alt=\"Emelyanychev 3oct\" class=\"wp-image-107613\" width=\"364\" height=\"547\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maxim Emelyanychev est un chef g\u00e9n\u00e9reux qui encourage les musiciens&nbsp;; l&rsquo;orchestre du Capitole se r\u00e9gale et montre le meilleur de lui-m\u00eame avec un chef d&rsquo;une telle trempe et surtout qui ne cache pas son plaisir. Concert qui se termine en apoth\u00e9ose du bonheur du partage, sans peur et sans regrets, face \u00e0 l&rsquo;adversit\u00e9. Apr\u00e8s tout, m\u00eame masqu\u00e9 le public fait de la r\u00e9sistance en allant \u00e9couter des artistes g\u00e9n\u00e9rant du bonheur si puissant dans un partage sage mais enthousiaste. C&rsquo;est une grande chance d&rsquo;avoir retrouv\u00e9 notre orchestre en cette belle Halle-aux-Grains qui, avec bien des places vides, arrive toujours \u00e0 applaudir avec force des artistes magnifiques. Vive la musique, vive la vie&nbsp;! &nbsp;Merci&nbsp;\u00e0 ce chef elfique que nous retrouverons avec joie dans la saison de l&rsquo;orchestre plusieurs fois. Dont le concerto de Schumann avec Adam Laloum tr\u00e8s bient\u00f4t\u2026 ce sera \u00e0 nouveau de la magie&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Hubert Stoecklin<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le samedi 3 Octobre 2020. Joseph Haydn (1732-1809)&nbsp;: Symphonie n\u00b095 en ut mineur, Hob.1&nbsp;: 95&nbsp;; Ludwig Van Beethoven (1770-1827)&nbsp;: Concerto pour piano et orchestre n\u00b04 en sol majeur Op. 58&nbsp;; Symphonie n\u00b08 en fa majeur, Op.93&nbsp;; Orchestre National du Capitole de Toulouse&nbsp;; Ishay Shaer, piano&nbsp;; Maxim Emelyanychev, direction<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le samedi 3 Octobre 2020. Joseph Haydn&nbsp;: Symphonie n\u00b095 ; Ludwig Van Beethoven&nbsp;: Concerto pour piano et orchestre n\u00b04&nbsp;; Symphonie n\u00b08&nbsp;; Orchestre National du Capitole de Toulouse&nbsp;; Ishay Shaer, piano&nbsp;; Maxim Emelyanychev, direction. Maxim Emelyanychev L\u2019\u00e9nergie in\u00e9puisable de Maxim Emelyanychev nous emporte&nbsp;! La gr\u00e2ce d\u2019 Ishay Shaer nous enchante&nbsp;! A &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/la-musique-contre-la-peur\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;LA MUSIQUE contre la peur !&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":462,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-461","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-concert"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/461","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=461"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/461\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":463,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/461\/revisions\/463"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media\/462"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=461"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=461"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=461"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}