{"id":469,"date":"2021-01-08T21:57:00","date_gmt":"2021-01-08T21:57:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=469"},"modified":"2023-04-26T17:08:47","modified_gmt":"2023-04-26T17:08:47","slug":"adam-laloum-et-maxim-emelyanitchev-en-osmose","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/adam-laloum-et-maxim-emelyanitchev-en-osmose\/","title":{"rendered":"Adam Laloum et Maxim Emelyanitchev en osmose"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte rendu Concert. Toulouse, le 8 Janvier 2021. Halle-Aux-Grains. Robert Schumann (1810-1856)&nbsp;: Ouverture de Genoveva&nbsp;; Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 54&nbsp;; Symphonie n\u00b04 en r\u00e9 mineur, op. 120 ;<strong> Adam Laloum<\/strong>, piano&nbsp;; Orchestre National du Capitole de Toulouse&nbsp;; <strong>Maxim Emelyanychev,<\/strong> direction.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Schumann comme \u00e9pur\u00e9<\/strong><\/h1>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/onct-7-janvier-2020-694x1024.jpeg\" alt=\"Onct 7 Janvier 2020\" class=\"wp-image-109652\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce concert est exceptionnel sur bien des plans.&nbsp; D\u00e9jouant le sort qui semble vouloir tuer la culture vivante, les organisateurs ont convi\u00e9 les journalistes. Ainsi une poign\u00e9e de chroniqueurs a pu, en ordre dispers\u00e9, assister \u00e0 un concert film\u00e9 par M\u00e9dici TV avec la mission d\u2019en faire un retour. Car les journalistes artistiques eux aussi sont contraints au silence par manque de concerts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est donc ma plume joyeuse qui retrouve le clavier&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019Orchestre du Capitole a su d\u00e9velopper une politique volontaire depuis le d\u00e9but de la fermeture de la Halle-Aux-Grains. Les concerts ont eu lieu et ont \u00e9t\u00e9 film\u00e9s et diffus\u00e9s en direct sur les r\u00e9seaux sociaux. Ils sont ensuite disponibles \u00e0 la revoyure (pour \u00eatre vus et revus) et peut \u00eatre qu\u2019au final leur audience d\u00e9passera le public habituel de la Halle avec ses 2000 places. Peut-\u00eatre qu\u2019au final aussi un nouveau public viendra&nbsp;\u00e9couter l\u2019Orchestre en concert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9quipe vid\u00e9o de l\u2019Orchestre a ainsi pu prendre du galon et nous constatons de captations en captations les progr\u00e8s. Mais ce soir c\u2019est la Rolls de la vid\u00e9o musicale qui se charge du film, tous dans cette \u00e9quipe de <strong><a href=\"https:\/\/www.medici.tv\/fr\/concerts\/maxim-emelyanychev-conducts-schumann-adam-laloum\/\">Medici TV<\/a> <\/strong>sont des artistes magiques dirig\u00e9s par Jean-Pierre Loisil. Chaque instrument soliste est vu au bon moment, les regards sont complices, les gestes du chefs enthousiastes et le jeu du pianiste d\u2019une sensibilit\u00e9 rare. Et ce programme tout Schumann quelle belle id\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/emelyanychev-maxim-jeune-maestro-il-pomo-doro.jpg\" alt=\"Emelyanychev Maxim Jeune Maestro Il Pomo Doro\" class=\"wp-image-120600\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ouverture de Genoveva est une grande et belle pi\u00e8ce de concert qui d\u00e9veloppe une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 passionn\u00e9e sous la direction d\u2019un Maxim Emelyanitchev particuli\u00e8rement inspir\u00e9. Le final est enthousiaste et plein d\u2019une passion d\u00e9lirante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis l\u2019arriv\u00e9e du soliste est toujours un moment \u00e9mouvant, la lente et \u00e9l\u00e9gante installation du piano d\u2019abord puis les deux jeunes musiciens entrent en sc\u00e8ne dans un m\u00eame \u00e9lan. Emelyanitchev dans une \u00e9nergie elfique et Laloum comme un Giacometti vivant. Le concerto de Schumann est une \u0153uvre \u00e0 la fois tr\u00e8s inspir\u00e9e et homog\u00e8ne dans sa qualit\u00e9 constante. Le premier mouvement compos\u00e9 d\u2019abord comme une pi\u00e8ce ind\u00e9pendante s\u2019int\u00e8gre \u00e0 la perfection dans ce concerto en trois mouvements, tous fondus entre eux. D\u00e8s les premiers instants nous percevons que l\u2019entente entre les deux musiciens est totale. Les regards, les \u00e9gards, tout est recherche de partage et d\u2019harmonie. La mani\u00e8re dont les nuances piano sont construites ensemble, puis le d\u00e9licat crescendo permet de d\u00e9guster comme rarement la finesse d\u2019\u00e9criture de Schumann. La d\u00e9licatesse du toucher d\u2019Adam Laloum quasiment mozartien trouve un \u00e9crin \u00e9l\u00e9gant dans l\u2019orchestre dirig\u00e9 par Emelyanitchev. Le premier mouvement permet un dialogue d\u2019amour entre musiciens qui renouvelle compl\u00e8tement la notion de concerto. Il n\u2019y a jamais rien de d\u00e9monstratif mais rien que du partage, de l\u2019\u00e9coute comme une communion. Comment le hautbois et le piano se r\u00e9pondent, comment la clarinette et le basson colorent le propos et comment le piano se moule dans leurs sonorit\u00e9s velout\u00e9es, vous pouvez le retrouver dans le vid\u00e9o. Dans le deuxi\u00e8me mouvement c\u2019est le beau chant des violoncelles qui \u00e9meut et le final est d\u2018une flamboyance rare. Un concerto de Schumann comme d\u00e9graiss\u00e9 est rendu \u00e0 un naturel de puret\u00e9. Schumann y offre \u00e0 sa ch\u00e8re Clara un dialogue digne de la musique de chambre, y associant une virtuosit\u00e9 toujours musicalement justifi\u00e9e. L\u2019amour de la musique, rien que de l\u2019amour jamais de combat ou d\u2019opposition.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/adam-laloumharald-hoffman.jpg\" alt=\"Adam Laloum\u00a9Harald Hoffman\" class=\"wp-image-120601\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La jeunesse de cette partition rendue \u00e0 sa puret\u00e9 par l\u2019osmose entre le chef et le soliste est un moment b\u00e9ni. Laloum est dans son r\u00e9pertoire de pr\u00e9dilection et son sens du phras\u00e9, sa compr\u00e9hension de toutes les facettes de l\u2019\u0153uvre, font de son interpr\u00e9tation la plus \u00e9loquente que j\u2019ai jamais entendue. Emelyanitchev dirige comme par magie avec des gestes doux et jamais violents.<\/strong> Il obtient avec cette douceur plus de feu et d\u2019\u00e2me que bien d\u2019autres chefs. Et les musiciens de l\u2019orchestre partagent avec joie cette vision lumineuse et joyeuse. C\u2019est un v\u00e9ritable enchantement qui lie ainsi ces artistes. Quel dommage que le public n\u2019aie pu, apr\u00e8s avoir partag\u00e9 ce moment, manifester avec reconnaissance sa joie dans des applaudissements g\u00e9n\u00e9reux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La derni\u00e8re \u0153uvre du concert est la quatri\u00e8me symphonie de Schumann, celle que le compositeur voulait la plus exp\u00e9rimentale en liant sans silence les mouvements.&nbsp; \u0152uvre qui coule, qui avance et exprime le plaisir de vivre. La passion de la vie dont regorge cette belle partition trouve en Emelyanitchev un chef qui en comprend toute la profondeur. Il obtient des musiciens de l\u2019orchestre un jeu vibrant et plein de vie \u00e0 chaque instant, jamais rien de lourd m\u00eame dans les moments o\u00f9 la puissance se d\u00e9veloppe. Il y a vraiment quelque chose d\u2019inspir\u00e9 et de magique dans la direction de ce jeune chef. L\u2019enthousiasme est communicatif mais sans pr\u00e9cipitation. Il sait d\u00e9guster la beaut\u00e9 de la musique et nous la rend limpide. Chaque musicien m\u00e9rite d\u2019\u00eatre cit\u00e9. Ils ont tous \u00e9t\u00e9 merveilleux. Chacun a sembl\u00e9 donner ce qu\u2019il peut de mieux et que le r\u00e9sultat est beau&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un mot encore sur le plaisir des oreilles dans la vaste Halle-Aux-Grains silencieuse. Le son est pur, pr\u00e9cis et l\u2019\u00e9quilibre sonore est absolument sid\u00e9rant. La distance entre les musiciens, leur disposition germanique avec les contrebasses de face au fond, les violons 1 et 2 de part et d\u2019autre du chef et la timbale au niveau des bois cr\u00e9ent une ambiance merveilleuse. Cela fonctionne parfaitement et la pr\u00e9cision de la direction, la finesse du jeu du pianiste trouvent ici un \u00e9crin parfait. La joie d\u2019entendre un orchestre en libert\u00e9 m\u00eame si en p\u00e9riode de disette, les enregistrements \u00e9cout\u00e9s au salon sont un vrai bonheur tout de m\u00eame &#8230; ce soir c\u2019est un rappel \u00e0 la vie&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Hubert Stoecklin<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte rendu Concert. Toulouse, le 8 Janvier 2021. Halle-Aux-Grains. Robert Schumann (1810-1856)&nbsp;: Ouverture de Genoveva&nbsp;; Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 54&nbsp;; Symphonie n\u00b04 en r\u00e9 mineur, op. 120 ; Adam Laloum, piano&nbsp;; Orchestre National du Capitole de Toulouse&nbsp;; Maxim Emelyanychev, direction. 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