{"id":480,"date":"2021-03-06T22:17:00","date_gmt":"2021-03-06T22:17:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=480"},"modified":"2023-01-31T22:21:37","modified_gmt":"2023-01-31T22:21:37","slug":"concert-toujours-sans-public-mais-qui-maintient-le-lien-par-la-visio-diffusion","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/concert-toujours-sans-public-mais-qui-maintient-le-lien-par-la-visio-diffusion\/","title":{"rendered":"Concert toujours sans public mais qui maintient le lien par la visio-diffusion"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte-rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 6 mars 2021. Richard Wagner (1813-1883)&nbsp;: Pr\u00e9lude et mort d\u2019Isolde, extrait de Tristan et Isolde&nbsp;; Richard Strauss (1864-1949)&nbsp;: Also sprach Sarathoustra, po\u00e8me symphonique. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Thomas Guggeis, direction.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Un Concert au sommet !<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les concerts retransmis en direct puis en \u00ab&nbsp;replay&nbsp;\u00bb de l\u2019Orchestre du Capitole se poursuivent favorisant ce fr\u00eale lien avec les critiques pr\u00e9sents et le public derri\u00e8re ses \u00e9crans. Le succ\u00e8s est majeur et l\u2019orchestre se maintient ainsi \u00e0 son niveau d\u2019excellence, les chefs peuvent partager avec cet orchestre si engag\u00e9 des moments fondateurs et le public peut se r\u00e9galer des images propos\u00e9es sur Youtube. Ces ersatz sont succulents et m\u00e9ritent toute notre reconnaissance mais quand retrouverons-nous cette alchimie si particuli\u00e8re entre l\u2019orchestre et son public toulousain&nbsp;? Quand la Musique renaitra-t-elle&nbsp;\u00e0 la vraie vie&nbsp;?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-110727\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/guggeis.jpg\" alt=\"GUGGEIS\" class=\"wp-image-110727\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Thomas Guggeis avant de diriger le pr\u00e9lude de Tristan se concentre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce que je peux dire c\u2019est qu\u2019en tant que privil\u00e9gi\u00e9 pr\u00e9sent en chair et en os, j\u2019arrive mieux \u00e0 vivre l\u2019absence du public. Apr\u00e8s tout il y a de sacr\u00e9s avantages, pas de toux, de bruits de papiers de bonbons, de bruits de bijoux et autres joyeuset\u00e9s. La musique est d\u2019avantage respect\u00e9e ainsi pas d\u2019applaudissements impatients non plus en fin de morceau. Mais quelle tristesse toutes ces places vides&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le tout jeune chef d\u2019origine allemande Thomas Guggeis a dirig\u00e9 ce soir un concert d\u2019anthologie. Le chef de tout juste 27 ans est un musicien hors pair capable de donner des ailes \u00e0 l\u2019orchestre. Le programme exigeant est de toute beaut\u00e9.<\/strong> D\u2019abord sans rupture de la solution de continuit\u00e9 le pr\u00e9lude de Tristan et la mort d\u2019Isolde en version purement orchestrale. Cette pi\u00e8ce de concert nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Pr\u00e9lude et mort d\u2019Isolde\u00a0\u00bb est un v\u00e9ritable monument, tr\u00e8s aim\u00e9 des chefs comme du public. Rarement la voix aura si peu manqu\u00e9 dans le lied final tant l\u2019orchestre a chant\u00e9 avec passion et a chant\u00e9 haut et fort. Le grand crescendo est magnifiquement conduit par le chef. Les risques pris sont aigus et le r\u00e9sultat assum\u00e9 est ce grand vol d\u2019un vaisseau puissant et qui malgr\u00e9 sa taille d\u00e9colle tout l\u00e0-haut.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-110733\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/159169939-294453158717092-7917706634045970217-o-683x1024.jpg\" alt=\"T.Guggeis\" class=\"wp-image-110733\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;envol de la musique avec T.Guggeis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jouer ces deux extr\u00eames de l\u2019op\u00e9ra fleuve de Wagner nous fait vivre de mani\u00e8re fulgurante cette passion mortelle inou\u00efe. Toutes les questions harmoniquement irr\u00e9solues du pr\u00e9lude, tous ces chromatismes tristaniens qui ont tant plu et qui irritent tant, sont une magie dont le jeune Thomas Guggeis comprend tous les arcanes. Et leur r\u00e9solution dans ce dernier accord est une jouissance supr\u00eame. La mani\u00e8re sure et g\u00e9n\u00e9reuse dont le chef aborde ces deux pages li\u00e9es pour l\u2018\u00e9ternit\u00e9 est un r\u00e9gal sur tous les plans. La perfection instrumentale, l\u2019\u00e9quilibre des nuances, les phras\u00e9s amples et les couleurs m\u00e9lancoliques d\u2019une douleur infinie, puis dans la mort d\u2019Isolde cette puissance de la transfiguration amoureuse avec ces coups de boutoirs si puissants, font une impression profonde. Les contre-chants si lisibles, les interventions subtiles de la harpe, tout est pleinement pr\u00e9sent jusqu\u2019\u00e0 cette fin magique parfaitement r\u00e9alis\u00e9e ce soir. Un tr\u00e8s grand chef de th\u00e9\u00e2tre ce jeune homme, qui en quelques minutes nous r\u00e9sume tout le drame de Tristan et comment&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-110728\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/capture-decran-2021-03-13-a-15-51-14.jpg\" alt=\"Thomas Guggeis\" class=\"wp-image-110728\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Thomas Guggeis dirigeant l&rsquo;Orchestre du Capitole le 6 Mars 21<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Et que dire \u00e0 pr\u00e9sent de la mani\u00e8re dont Thomas Guggeis empoigne le Sarathoustra de Strauss\u00a0? Il semble changer d\u2019orchestre, le son gagne en brillant,<\/strong> en acuit\u00e9 et les instrumentistes comme galvanis\u00e9s rivalisent de beaut\u00e9 sonore. D\u00e8s le splendide lever des cuivres encourag\u00e9s par la timbale, la puissance et la grandeur coupent le souffle. Toute la partition restera \u00e0 cette hauteur et dans une infinie vari\u00e9t\u00e9 de nuances et de couleurs va nous faire vivre un voyage enchant\u00e9 \u00e0 travers toute l\u2019humanit\u00e9, ses r\u00e9alisations les plus spectaculaires, ses aspirations les plus hautes, mais sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 la plus bouleversante aussi et m\u00eame sa petitesse. Richard Strauss a compos\u00e9 une suite de mouvements absolument virtuoses qui permettent \u00e0 l\u2019orchestre de briller \u00e0 chaque instant. Il est impossible de citer chacun mais admettons que les cuivres se taillent une part de lion dans une puissance renversante. Le violon solo de Kristi Gjezi est d\u2019une pr\u00e9sence envo\u00fbtante. Il serait injuste d\u2019oublier les bois si \u00e9mouvants, ni les cordes dans une soie si brillante et un moelleux si chaud. Les percussions sont exquises de pr\u00e9cision et pimentent le tout.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-110729\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/capture-decran-2021-03-13-a-15-54-33-1024x640.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-110729\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Thomas Guggeis et L&rsquo;Orchestre du Capitole : quelle interpr\u00e9tation !<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE est un Grand Orchestre magnifique en tout. La r\u00e9\u00e9coute de la vid\u00e9o est un pr\u00e9cieux r\u00e9gal mais avouons que l\u2019effet est autrement troublant en face des d\u00e9ferlantes des plus de 100 musiciens de l\u2019orchestre si admirablement dirig\u00e9s. \u00a0Dispos\u00e9s si confortablement dans la Halle-aux-Grains les sonorit\u00e9s somptueuses se d\u00e9veloppent incroyablement. Le confinement permet aux musiciens de jouer avec peut-\u00eatre plus de concentration et moins la pression de r\u00e9p\u00e9titions harassantes. Je les \u00a0trouve repos\u00e9s, impliqu\u00e9s et d\u2019autant plus g\u00e9n\u00e9reux. Le son de ce soir est tout \u00e0 fait unique c\u2019est vraiment du grand art. Bravo \u00e0 tous y compris au programmateur qui a su trouver ce jeune chef, Thomas Guggeis, un nom qu\u2019il faudra suivre et un chef qu\u2019il est souhaitable de voir et revoir \u00e0 Toulouse tant au concert qu\u2019\u00e0 l\u2019op\u00e9ra.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\"><strong>Hubert Stoecklin<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ySuWeWPHsKI&amp;t=765s\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">lien vers le concert attention \u00e7a plane haut !<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/www.toulouse-metropole.fr\/missions\/culture\/onct\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Orchestre national du Capitole<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 6 mars 2021. 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