{"id":569,"date":"2017-09-20T21:47:00","date_gmt":"2017-09-20T21:47:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=569"},"modified":"2023-04-25T21:53:45","modified_gmt":"2023-04-25T21:53:45","slug":"une-entente-musicale-au-sommet-leonskaja-et-sokhiev","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/une-entente-musicale-au-sommet-leonskaja-et-sokhiev\/","title":{"rendered":"Une entente musicale au sommet : Leonskaja et Sokhiev"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/a8dc5d58-9c08-4c6b-a747-967c005e01cd-1024x718.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-556\" width=\"471\" height=\"330\" srcset=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/a8dc5d58-9c08-4c6b-a747-967c005e01cd-1024x718.jpg 1024w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/a8dc5d58-9c08-4c6b-a747-967c005e01cd-300x210.jpg 300w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/a8dc5d58-9c08-4c6b-a747-967c005e01cd-768x538.jpg 768w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/a8dc5d58-9c08-4c6b-a747-967c005e01cd-1536x1077.jpg 1536w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/a8dc5d58-9c08-4c6b-a747-967c005e01cd-2048x1436.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Elisabeth Leonskaja\nPhoto: Marco Borggreve<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/tugan-sokhiev-1024x640-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-488\" width=\"436\" height=\"272\" srcset=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/tugan-sokhiev-1024x640-1.png 1024w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/tugan-sokhiev-1024x640-1-300x188.png 300w, http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/tugan-sokhiev-1024x640-1-768x480.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 436px) 100vw, 436px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">P. NIN <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Tugan Sokhiev et Elisabeth Lejonskaja supr\u00e8mes musiciens<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Piano-classiquenews-recital-leonskaia-leonskaja-elisabeth-51cd05a0f235c.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Piano-classiquenews-recital-leonskaia-leonskaja-elisabeth-51cd05a0f235c-300x300.jpg\" alt=\"Piano classiquenews recital leonskaia leonskaja-elisabeth-51cd05a0f235c\" class=\"wp-image-23120\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte rendu concert. Toulouse, le 20 septembre 2017. Mozart. Beethoven. Chostakovitch. Elisabeth Leonskaja, Orch Nat du Capitole,T. Sokhiev.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Partenariat avec Piano aux Jacobins l\u2019ouverture de la saison symphonique de la Halle-aux-Grains, chaque ann\u00e9e, repr\u00e9sente un moment clef de la vie culturelle toulousaine. La conjonction d\u2019un soliste de premier plan, de compositeurs choy\u00e9s et de l\u2019orchestre sous la direction de son chef tant aim\u00e9, a attir\u00e9 un public nombreux. Plus une place de libre ce soir, dans la salle hexagonale o\u00f9 le public enserre \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb orchestre. Il est certain que la disposition de cette salle concourt \u00e0 ce sentiment de partage total, entre musiciens et public.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ce grand soir attendu par la foule, d\u00e8s son entr\u00e9e en sc\u00e8ne, alerte et concentr\u00e9, Tugan Sokhiev donne le ton. L\u2019orchestre dans son rituel immuable s\u2019\u00e9tait install\u00e9 et accord\u00e9 avec soin. Et d\u00e8s la lev\u00e9e des bras du chef, l\u2019orchestre a frissonn\u00e9 pour nous offrir une ouverture de Don Juan d\u2019anthologie. C\u2019est dans un m\u00eame geste large de battements d\u2019ailes puis de gauche et de droite qu\u2019il a construit ce d\u00e9but d\u2019accords si dramatiques. L\u2019\u00e9l\u00e9gance et l\u2019\u00e9vidence de ce grand geste sculpte le son et l\u2019am\u00e8ne jusqu\u2019 au silence qui le suit. Cela permet \u00e0 l\u2019orchestre de d\u00e9ployer toute sa beaut\u00e9 sonore et son savoir faire\u00a0: la pr\u00e9sence de chaque timbre dans un ensemble grandiose. Cordes, fl\u00fbte, hautbois, basson et cor entrent en sc\u00e8ne avec d\u2019avantage de pr\u00e9sence pour la partie de balancement noble que Joseph Losey, si inspir\u00e9 dans son Film -Don Giovanni- , avait situ\u00e9 sur la lagune de Venise. Tout s\u2019enchaine ensuite avec panache m\u00ealant \u00e0 ce tragique d\u00e9but toute la gouaille du giocoso. La f\u00eate de ce mariage du Drama et du Giocoso est \u00e0 son comble avec les entr\u00e9s fugu\u00e9es et les r\u00e9p\u00e9titions des motifs alertes. Tout l\u2019orchestre semble exulter et Tugan Sokhiev d\u2019une main sure et l\u00e9g\u00e8re, donne toute la dramaturgie attendue \u00e0 cette magnifique ouverture. Nous avons d\u00e9j\u00e0 h\u00e2te d\u2019entendre de quelle fa\u00e7on, le chef dirigera un jour Don Giovanni \u00e0 l\u2019op\u00e9ra avec sa mani\u00e8re si fine de comprendre le m\u00e9lange complexe du drame existentiel et de la futilit\u00e9 de la vie, tels qu\u2019ils sont contenus dans le chef d\u2019\u0153uvre mozartien.<br>Apr\u00e8s un d\u00e9but si enchanteur, une fois le piano sorti de terre et l\u2019arriv\u00e9e souriante d\u2019Elisabeth Leonskaja, la vaste introduction du troisi\u00e8me concerto de Beethoven a une nouvelle fois montr\u00e9 combien le Beethoven de Tugan Sokhiev est id\u00e9al. Tenue, grandeur sans pesanteur, \u00e9l\u00e9gance du phras\u00e9, nuances cisel\u00e9es et couleurs \u00e9clatantes. Avec toujours un rythme maitris\u00e9 et comme un rebondi qui anoblit les fins de phrases et les accords. La longue entr\u00e9e orchestrale qui d\u00e9bute le Concerto met le pianiste soit dans une attente d\u2019enfin jouer, soit lui permet de participer et d\u2019inclure dans ces premi\u00e8res notes tout le long phras\u00e9 impuls\u00e9 par le chef. <strong>Elisabeth Leonskaja, qui dit aimer beaucoup jouer avec Tugan Sokhiev, a sembl\u00e9 chanter avec l\u2019orchestre. Son entr\u00e9e est majestueuse et elle semble poursuivre avec l\u2019orchestre ces grandes phrases. Le geste est souverain <\/strong>avec pourtant les petites scories habituelles. Jamais aucune duret\u00e9, et des nuances subtiles, des qualit\u00e9s de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et des appuis pond\u00e9r\u00e9s sont un enchantement. Le premier mouvement est un dialogue de grande musicalit\u00e9 entre le chef, l\u2019orchestre et la pianiste. L\u2019\u00e9coute est permanente et le plaisir de jouer ensemble ne fait que grandir. <strong>La grande cadence montre Leonskaja, ma\u00eetresse de moyens ph\u00e9nom\u00e9naux avec une grande inventivit\u00e9.<\/strong><br>C\u2019est bien \u00e9videmment le mouvement lent qui est le moment le plus \u00e9mouvant du Concerto. Cette fois c\u2019est la pianiste qui joue seule et donne le ton. C\u2019est celui de la confidence, du bonheur, du partage. La d\u00e9licatesse de l\u2019orchestre sous la direction sensible de Tugan Sokhiev est un pur enchantement.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/tugan-sokhiev.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-74367\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bonheur \u00e9perdu du trio fl\u00fbte, basson, piano reposant sur un tapis de pizzicati de cordes, dans ces grandes phrases planantes, est un moment inoubliable. Sandrine Tilly \u00e0 la fl\u00fbte et Estelle Richard au basson sont les f\u00e9es qui nuancent subtilement avec la reine de douceur au piano. Le balancement amoureux obtenu par la direction de Tugan Sokhiev est comme une invitation \u00e0 laisser tout souci pour \u00eatre parfaitement heureux le temps de ce mouvement suspendu.<br><strong>Avec malice Elisabeth Leonskaja lance le final si spirituel qui permet \u00e0 la soliste et \u00e0 l\u2019orchestre de caracoler avec ivresse. Le triomphe est total et c\u2019est une salve d\u2019applaudissement pour les musiciens. <\/strong>Elisabeth Leonskaja offre en bis une superbe interpr\u00e9tation de la premi\u00e8re des trois Klavierst\u00fccke de Schubert, faisant la boucle avec son somptueux concert Schubert aux Jacobins il y a quelques jours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour la deuxi\u00e8me partie du concert, le choix de la neuvi\u00e8me symphonie de Chostakovitch permet de rester dans l\u2019\u00e9veil de l\u2019esprit.&nbsp; Cette symphonie \u00e9crite par Chostakovitch apr\u00e8s la fin de la deuxi\u00e8me guerre mondiale est marqu\u00e9e par un cot\u00e9 certes festif, la guerre est finie, mais grin\u00e7ant et provocateur, car quel prix terrible a du \u00eatre pay\u00e9. Au lieu de la grandiose fresque h\u00e9ro\u00efque attendue par le pouvoir sovi\u00e9tique, Chostakovitch a choisi la d\u00e9sinvolture, refusant toute parent\u00e9 avec la terrible symphonie Leningrad. Tugan Sokhiev n\u2019insiste pas sur le cot\u00e9 grin\u00e7ant mais permet l\u2019expression d\u2019un esprit de moquerie qui garde toujours une parfaite \u00e9l\u00e9gance. Les fanfares militaires raill\u00e9es le sont plus avec esprit que m\u00e9chancet\u00e9. Il n\u2019y a rien de grandiose ni de vainqueur. C\u2019est une grande chance de pouvoir entendre les symphonies de Chostakovitch d\u00e9fendues avec cette qualit\u00e9. Tugan Sokhiev et son orchestre ont ce soir \u00e9t\u00e9 merveilleux. Les instrumentistes sont tous magnifiques ; mentionnons surtout le picolo in\u00e9narrable de Claude Roubichou, le hautbois merveilleux de Chi Yuen Cheng, la clarinette si expressive de David Minetti, Sandrine Tilly \u00e0 la fl\u00fbte et, \u00e0 nouveau le fabuleux basson d\u2019Estelle Richard. Le solo de violon de Genevi\u00e8ve Laurenceau a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s remarquable. Dans le deuxi\u00e8me mouvement si d\u00e9sol\u00e9, il y a un trio fl\u00fbte, basson clarinette d\u2019une incroyable beaut\u00e9. Les cuivres ont une partie importante et toute la famille est \u00e0 f\u00e9liciter pour son implication sans faille d\u2019une grandeur inqui\u00e9tante. Mais c\u2019est v\u00e9ritablement cette \u00e9nergie mutualis\u00e9e de tous les instrumentistes que Tugan Sokhiev semble chercher individuellement du regard dans sa direction si expressive qui fait la merveille de cette interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/Tugan Sokhiev et Elisabeth Lejonskaja supr\u00e8mes musiciens \u00e9crit par Hubert Stoecklin 14 septembre 2017 06:31  Piano classiquenews recital leonskaia leonskaja-elisabeth-51cd05a0f235cCompte rendu concert. Toulouse, le 20 septembre 2017. Mozart. Beethoven. Chostakovitch. Elisabeth Leonskaja, Orch Nat du Capitole,T. Sokhiev.        En Partenariat avec Piano aux Jacobins l\u2019ouverture de la saison symphonique de la Halle-aux-Grains, chaque ann\u00e9e, repr\u00e9sente un moment clef de la vie culturelle toulousaine. La conjonction d\u2019un soliste de premier plan, de compositeurs choy\u00e9s et de l\u2019orchestre sous la direction de son chef tant aim\u00e9, a attir\u00e9 un public nombreux. Plus une place de libre ce soir, dans la salle hexagonale o\u00f9 le public enserre \u00ab son \u00bb orchestre. Il est certain que la disposition de cette salle concourt \u00e0 ce sentiment de partage total, entre musiciens et public.  \u0152UVRES EN MAGNIFICENCE  Pour ce grand soir attendu par la foule, d\u00e8s son entr\u00e9e en sc\u00e8ne, alerte et concentr\u00e9, Tugan Sokhiev donne le ton. L\u2019orchestre dans son rituel immuable s\u2019\u00e9tait install\u00e9 et accord\u00e9 avec soin. Et d\u00e8s la lev\u00e9e des bras du chef, l\u2019orchestre a frissonn\u00e9 pour nous offrir une ouverture de Don Juan d\u2019anthologie. C\u2019est dans un m\u00eame geste large de battements d\u2019ailes puis de gauche et de droite qu\u2019il a construit ce d\u00e9but d\u2019accords si dramatiques. L\u2019\u00e9l\u00e9gance et l\u2019\u00e9vidence de ce grand geste sculpte le son et l\u2019am\u00e8ne jusqu\u2019 au silence qui le suit. Cela permet \u00e0 l\u2019orchestre de d\u00e9ployer toute sa beaut\u00e9 sonore et son savoir faire : la pr\u00e9sence de chaque timbre dans un ensemble grandiose. Cordes, fl\u00fbte, hautbois, basson et cor entrent en sc\u00e8ne avec d\u2019avantage de pr\u00e9sence pour la partie de balancement noble que Joseph Losey, si inspir\u00e9 dans son Film -Don Giovanni- , avait situ\u00e9 sur la lagune de Venise. Tout s\u2019enchaine ensuite avec panache m\u00ealant \u00e0 ce tragique d\u00e9but toute la gouaille du giocoso. La f\u00eate de ce mariage du Drama et du Giocoso est \u00e0 son comble avec les entr\u00e9s fugu\u00e9es et les r\u00e9p\u00e9titions des motifs alertes. Tout l\u2019orchestre semble exulter et Tugan Sokhiev d\u2019une main sure et l\u00e9g\u00e8re, donne toute la dramaturgie attendue \u00e0 cette magnifique ouverture. Nous avons d\u00e9j\u00e0 h\u00e2te d\u2019entendre de quelle fa\u00e7on, le chef dirigera un jour Don Giovanni \u00e0 l\u2019op\u00e9ra avec sa mani\u00e8re si fine de comprendre le m\u00e9lange complexe du drame existentiel et de la futilit\u00e9 de la vie, tels qu\u2019ils sont contenus dans le chef d\u2019\u0153uvre mozartien. Apr\u00e8s un d\u00e9but si enchanteur, une fois le piano sorti de terre et l\u2019arriv\u00e9e souriante d\u2019Elisabeth Leonskaja, la vaste introduction du troisi\u00e8me concerto de Beethoven a une nouvelle fois montr\u00e9 combien le Beethoven de Tugan Sokhiev est id\u00e9al. Tenue, grandeur sans pesanteur, \u00e9l\u00e9gance du phras\u00e9, nuances cisel\u00e9es et couleurs \u00e9clatantes. Avec toujours un rythme maitris\u00e9 et comme un rebondi qui anoblit les fins de phrases et les accords. La longue entr\u00e9e orchestrale qui d\u00e9bute le Concerto met le pianiste soit dans une attente d\u2019enfin jouer, soit lui permet de participer et d\u2019inclure dans ces premi\u00e8res notes tout le long phras\u00e9 impuls\u00e9 par le chef. Elisabeth Leonskaja, qui dit aimer beaucoup jouer avec Tugan Sokhiev, a sembl\u00e9 chanter avec l\u2019orchestre. Son entr\u00e9e est majestueuse et elle semble poursuivre avec l\u2019orchestre ces grandes phrases. Le geste est souverain avec pourtant les petites scories habituelles. Jamais aucune duret\u00e9, et des nuances subtiles, des qualit\u00e9s de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et des appuis pond\u00e9r\u00e9s sont un enchantement. Le premier mouvement est un dialogue de grande musicalit\u00e9 entre le chef, l\u2019orchestre et la pianiste. L\u2019\u00e9coute est permanente et le plaisir de jouer ensemble ne fait que grandir. La grande cadence montre Leonskaja, ma\u00eetresse de moyens ph\u00e9nom\u00e9naux avec une grande inventivit\u00e9. C\u2019est bien \u00e9videmment le mouvement lent qui est le moment le plus \u00e9mouvant du Concerto. Cette fois c\u2019est la pianiste qui joue seule et donne le ton. C\u2019est celui de la confidence, du bonheur, du partage. La d\u00e9licatesse de l\u2019orchestre sous la direction sensible de Tugan Sokhiev est un pur enchantement.           Le bonheur \u00e9perdu du trio fl\u00fbte, basson, piano reposant sur un tapis de pizzicati de cordes, dans ces grandes phrases planantes, est un moment inoubliable. Sandrine Tilly \u00e0 la fl\u00fbte et Estelle Richard au basson sont les f\u00e9es qui nuancent subtilement avec la reine de douceur au piano. Le balancement amoureux obtenu par la direction de Tugan Sokhiev est comme une invitation \u00e0 laisser tout souci pour \u00eatre parfaitement heureux le temps de ce mouvement suspendu. Avec malice Elisabeth Leonskaja lance le final si spirituel qui permet \u00e0 la soliste et \u00e0 l\u2019orchestre de caracoler avec ivresse. Le triomphe est total et c\u2019est une salve d\u2019applaudissement pour les musiciens. Elisabeth Leonskaja offre en bis une superbe interpr\u00e9tation de la premi\u00e8re des trois Klavierst\u00fccke de Schubert, faisant la boucle avec son somptueux concert Schubert aux Jacobins il y a quelques jours.     Pour la deuxi\u00e8me partie du concert, le choix de la neuvi\u00e8me symphonie de Chostakovitch permet de rester dans l\u2019\u00e9veil de l\u2019esprit.  Cette symphonie \u00e9crite par Chostakovitch apr\u00e8s la fin de la deuxi\u00e8me guerre mondiale est marqu\u00e9e par un cot\u00e9 certes festif, la guerre est finie, mais grin\u00e7ant et provocateur, car quel prix terrible a du \u00eatre pay\u00e9. Au lieu de la grandiose fresque h\u00e9ro\u00efque attendue par le pouvoir sovi\u00e9tique, Chostakovitch a choisi la d\u00e9sinvolture, refusant toute parent\u00e9 avec la terrible symphonie Leningrad. Tugan Sokhiev n\u2019insiste pas sur le cot\u00e9 grin\u00e7ant mais permet l\u2019expression d\u2019un esprit de moquerie qui garde toujours une parfaite \u00e9l\u00e9gance. Les fanfares militaires raill\u00e9es le sont plus avec esprit que m\u00e9chancet\u00e9. Il n\u2019y a rien de grandiose ni de vainqueur. C\u2019est une grande chance de pouvoir entendre les symphonies de Chostakovitch d\u00e9fendues avec cette qualit\u00e9. Tugan Sokhiev et son orchestre ont ce soir \u00e9t\u00e9 merveilleux. Les instrumentistes sont tous magnifiques ; mentionnons surtout le picolo in\u00e9narrable de Claude Roubichou, le hautbois merveilleux de Chi Yuen Cheng, la clarinette si expressive de David Minetti, Sandrine Tilly \u00e0 la fl\u00fbte et, \u00e0 nouveau le fabuleux basson d\u2019Estelle Richard. Le solo de violon de Genevi\u00e8ve Laurenceau a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s remarquable. Dans le deuxi\u00e8me mouvement si d\u00e9sol\u00e9, il y a un trio fl\u00fbte, basson clarinette d\u2019une incroyable beaut\u00e9. Les cuivres ont une partie importante et toute la famille est \u00e0 f\u00e9liciter pour son implication sans faille d\u2019une grandeur inqui\u00e9tante. Mais c\u2019est v\u00e9ritablement cette \u00e9nergie mutualis\u00e9e de tous les instrumentistes que Tugan Sokhiev semble chercher individuellement du regard dans sa direction si expressive qui fait la merveille de cette interpr\u00e9tation.  \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014  Compte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 20 septembre 2017. Mozart. Beethoven. Chostakovitch. Elisabeth Leonskaja, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev, direction.  Illustration :  Elisabeth Leonskaja (DR)\">Lien vers ce beau concert sur Medici TV <\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 20 septembre 2017. Mozart. Beethoven. Chostakovitch. Elisabeth Leonskaja, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev, direction. &nbsp;Illustration : &nbsp;Elisabeth Leonskaja&nbsp;(DR)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tugan Sokhiev et Elisabeth Lejonskaja supr\u00e8mes musiciens Compte rendu concert. Toulouse, le 20 septembre 2017. Mozart. Beethoven. Chostakovitch. Elisabeth Leonskaja, Orch Nat du Capitole,T. Sokhiev. En Partenariat avec Piano aux Jacobins l\u2019ouverture de la saison symphonique de la Halle-aux-Grains, chaque ann\u00e9e, repr\u00e9sente un moment clef de la vie culturelle toulousaine. La conjonction d\u2019un soliste de &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/une-entente-musicale-au-sommet-leonskaja-et-sokhiev\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Une entente musicale au sommet : Leonskaja et Sokhiev&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-569","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/569","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=569"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/569\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":572,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/569\/revisions\/572"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=569"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=569"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=569"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}