{"id":578,"date":"2023-03-18T15:54:00","date_gmt":"2023-03-18T15:54:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=578"},"modified":"2023-04-26T16:01:01","modified_gmt":"2023-04-26T16:01:01","slug":"tugan-sokhiev-et-les-wienerphilharmoniker-comme-un-songe-eveille","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/tugan-sokhiev-et-les-wienerphilharmoniker-comme-un-songe-eveille\/","title":{"rendered":"TUGAN SOKHIEV ET LES WIENERPHILHARMONIKER comme un song\u00e9 \u00e9veill\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 18 mars 2023. RIMSKI-KORSAKOV&nbsp;: Sh\u00e9h\u00e9razade. TCHAIKOVSKI&nbsp;: Symph 4. Wiener Phil. Sokhiev. &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un concert en tout point exceptionnel et renversant&nbsp;!<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On l\u2019attendait ce retour de Tugan Sokhiev&nbsp;! La Halle-aux-Grains \u00e9tait pleine \u00e0 craquer&nbsp;! Double joie pour un public galvanis\u00e9, entendre l\u2019orchestre le plus aim\u00e9 au monde, le Wiener Philharmoniker qui r\u00e9jouit le monde musical par son excellence tant au disque (combien d\u2019enregistrements de r\u00e9f\u00e9rences&nbsp;?) qu\u2019\u00e0 la fosse de l\u2019Op\u00e9ra de Vienne, qu\u2019en vid\u00e9o le premier de l\u2019an pour un concert de diffusion plan\u00e9taire. Soient lou\u00e9s Les Grands Interpr\u00e8tes qui sont arriv\u00e9s \u00e0 les faire s\u2019arr\u00eater \u00e0 Toulouse pour ce concert dans leur tourn\u00e9e, tout juste avant un concert \u00e0 Lisbonne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet \u00e9v\u00e8nement aurait suffi \u00e0 remplir la Halle-aux-Grains mais il y avait autre chose de tr\u00e8s sp\u00e9cial.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-132531\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/wiener-philharmoniker-lois-lammerhuber-scaled.jpg\" alt=\"\u00d6sterreich, Wien, Wiener Philharmoniker, Musikverein\" class=\"wp-image-132531\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Wiener Philharmoniker \u00a9 Lois Lammerhuber<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tugan Sokhiev a laiss\u00e9 tant de bons souvenirs \u00e0 Toulouse en 14 ans aupr\u00e8s de l\u2019Orchestre du Capitole et de son cher public. Son d\u00e9part si brutal, provoqu\u00e9 par une \u00ab&nbsp;maladresse&nbsp;\u00bb politique ne cesse de nous peiner. C\u2019est comme une revanche de le voir diriger dans cette m\u00eame salle en toute simplicit\u00e9 l\u2019orchestre le plus prestigieux du monde&nbsp;: &nbsp;mes a\u00efeux quel concert ce soir-l\u00e0&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une ambiance survolt\u00e9e des grands soirs, alors que les queues pour rentrer dans la salle \u00e9taient tout juste finies, chacun trouvait sa place f\u00e9brilement. Et de d\u00e9couvrir qu\u2019il n\u2019y avait aucun musicien sur sc\u00e8ne\u2026. Pas une note r\u00e9p\u00e9t\u00e9e par un violon, un hautbois, une trompette&nbsp;? \u00c9taient-ils seulement l\u00e0&nbsp;?&nbsp; Et c\u2019est ainsi que nous avons eu le premier choc. En une rapidit\u00e9 d\u2019\u00e9clair les musiciens entrent sous les applaudissements constants du public, prennent leur place et restent debout, ne s\u2019asseyant que tous pr\u00e9sents et parfaitement immobiles\u2026 jamais je n\u2019avais vu cela&nbsp;! Premi\u00e8re ovation&nbsp;du public subjugu\u00e9 apr\u00e8s un LA trouv\u00e9 le temps d\u2019un soupir tous ensemble ! C\u2019est stup\u00e9fiant, cette solidit\u00e9, cette \u00e9l\u00e9gance, ce calme souverain. Puis tout est all\u00e9 tr\u00e8s vite Tugan Sokhiev est rentr\u00e9 ovationn\u00e9 par son public, un regard circulaire du chef et nous partons avec <em><strong>Sh\u00e9h\u00e9razade de Rimski-Korsakov<\/strong> <\/em>pour le plus beau voyage musical qui se puisse imaginer. Un v\u00e9ritable conte de f\u00e9es. Le son des Wiener Philharmoniker ne peut pas \u00eatre d\u00e9crit avec tout ce qu\u2019il contient. Il y a d\u2019abord la profondeur du son des cuivres. Dans le th\u00e8me du Sultan qui ouvre le voyage c\u2019est une v\u00e9ritable angoisse qui nous saisit aliment\u00e9e par les fr\u00e9quences qui traversent le corps et pas seulement les oreilles. Les vents diaphanes et d\u00e9licats suivent puis le violon solo prend la parole de Sh\u00e9h\u00e9razade et le chant <strong>d\u2019Albena Danailova<\/strong> va nous envo\u00fbter avec une s\u00e9duction irr\u00e9sistible qui heureusement se renouv\u00e8lera tout le long du po\u00e8me symphonique. Le pupitre des violons est aussi source de d\u00e9lices in\u00e9narrables. Comment une telle pr\u00e9sence douce et puissante \u00e0 la fois est-elle possible&nbsp;? Comment cette transparence et cette profondeur peuvent-elles coexister&nbsp;? Le hautbois sait \u00eatre d\u2019une troublante beaut\u00e9 dans des rythmes chaloup\u00e9s \u00e0 se damner. Les trompettes sont claires et victorieuses sans avoir recours \u00e0 la moindre brutalit\u00e9. Le basson solo a un humour sid\u00e9rant avec une sonorit\u00e9 ronde enveloppant tout le corps. Et je n\u2019oublie pas la caisse claire et les timbales, les percussions aussi sont extraordinaires. <strong>Il y a un v\u00e9ritable effet \u00ab&nbsp;physique&nbsp;\u00bb de cet orchestre qui vous subjugue par sa force et sa d\u00e9licatesse. A l\u2019\u00e9coute des enregistrements bien des qualit\u00e9s de cet orchestre sont \u00e9videntes mais au concert les voir et les ressentir fait vivre un moment qui a quelque chose d\u2019unique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La direction de Tugan Sokhiev est chor\u00e9graphique et absolument charmante.<\/strong> Tout est mis en valeur avec \u00e9vidence, les nuances profond\u00e9ment creus\u00e9es, les phras\u00e9s alanguis ou resserr\u00e9s accompagnent l\u2019\u00e9vocation du plus beau conte oriental. Nous connaissons son interpr\u00e9tation de cette si belle musique, nous devinons ce soir qu\u2019il est lui-m\u00eame sur un petit nuage obtenant tant de splendeur avec de tels musiciens.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-133707\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/sokhiev-toulouse-c-marc-brenner-scaled.jpg\" alt=\"Sokhiev Toulouse \u00a9 Marc Brenner\" class=\"wp-image-133707\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sokhiev Toulouse \u00a9 Marc Brenner<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l\u2019entracte il semble important au public de partager ce bonheur si intens\u00e9ment v\u00e9cu dans des papotages incessants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La deuxi\u00e8me \u0153uvre au programme va aller plus loin, beaucoup plus loin encore dans le drame cette fois-ci. La <em><strong>quatri\u00e8me symphonie de Tcha\u00efkovski,<\/strong> <\/em>toute emplie du poids du fatum, semble \u00eatre une \u0153uvre particuli\u00e8rement proche \u00e0 Tugan Sokhiev. D\u00e8s la fanfare d\u2018ouverture les Wiener Philharmoniker vont lui offrir un son d\u2019une profondeur abyssale, effrayant et terriblement beau. &nbsp;Avec des cordes porteuses d\u2019une douleur insondable, des clarinettes en confidences intimes et des violoncelles si chantants, Tugan Sokhiev, comme en transe, obtient la version la plus dramatique que je lui connaisse. Il y va probablement de la vie du chef de d\u00e9fendre ainsi la musique de son compositeur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Dans son bouleversant communiqu\u00e9 o\u00f9 il renon\u00e7ait \u00e0 diriger et l\u2019Orchestre du Capitole et le Bolcho\u00ef, il avait dit combien de ne plus jouer de musique russe lui \u00e9tait impossible.&nbsp; Il le prouve ce soir de mani\u00e8re \u00e9clatante, avec un orchestre merveilleux et dans la ville m\u00eame \u00e0 l\u2019origine de l\u2019injonction, cause du d\u00e9part fatal. Aujourd\u2019hui Tugan Sokhiev est un artiste int\u00e8gre et de plus en plus engag\u00e9 dans son cr\u00e9do&nbsp;: la musique transcende tout et rassemble avant tout dans la paix. M\u00fbri, moins hyper contr\u00f4l\u00e9, il ose ce soir une interpr\u00e9tation particuli\u00e8rement puissante. Peut-\u00eatre est-ce de savoir qu\u2019il compte sur un orchestre particulier qui m\u00eame dans la violence ou la douleur garde une \u00e9l\u00e9gance supr\u00eame. C\u2019est en tout ce paradoxe qu\u2019incarnent les Wiener Philharmoniker, puissance et gr\u00e2ce ench\u00e2ss\u00e9es. <strong>Voir la chor\u00e9graphie de Tugan Sokhiev dirigeant si intens\u00e9ment, le voir s\u2019y \u00e9puiser et obtenir tant de cet orchestre est tr\u00e8s \u00e9mouvant.<\/strong> Cet orchestre s\u00e9culaire qui \u00e0 force d\u2019excellence a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par ce que le monde conna\u00eet de plus belles baguettes, se laisse emporter par un chef russe dans sa patrie martyris\u00e9e et avec lui d\u00e9fend une somptueuse musique que rien ne doit faire taire. Ce soir Tugan Sokhiev qui termine le concert en nage aura jou\u00e9 sa vie d\u2019artiste sous nos yeux. Quelles \u00e9motions&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un concert absolument inoubliable pour toutes ces raisons et d\u2019autres encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/fr\/videos\/113625-000-A\/tugan-sokhiev-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne\">IL est possible de voir et revoir ce concert exceptionnel en tous points, magnifiquement film\u00e9 sur ARTE TV. Oui Tugan Sokhiev dirige en une chor\u00e9graphie pleine de gr\u00e2ce je vous l&rsquo;assure.<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/les-grands-interpretes-tugan-sokhiev.jpg\" alt=\"Affiches Artistes\" class=\"wp-image-132242\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un petit bis probablement choisi par l\u2019orchestre <strong><em>la polka Unter Donner und Blitz de Johann Strauss,<\/em><\/strong> avec un humour ravageur va achever la r\u00e9conciliation. Tugan Sokhiev comme un enfant aux anges ne fera que commenter de gestes touchants ce que les musiciens lui offrent, il ne dirige plus il exulte. Et nous tous aussi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les inoubliables Wiener Philharmoniker resteront dans nos c\u0153urs comme messagers de beaut\u00e9, de paix et de bonheur parfait. Un immense merci aux Grands Interpr\u00e8tes de les avoir invit\u00e9s !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Hubert Stoecklin<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Critique. Concert. Toulouse. Halle-aux-Grains le 18 mars 2023. Nikola\u00ef Rimski-Korsakov (1844-1908)&nbsp;: Sch\u00e9h\u00e9rarazade, suite symphonique op.35&nbsp;; Piotr Illich Tcha\u00efkovski (1840-1893)&nbsp;: Symphonie n\u00b04 en fa mineur, Op.36&nbsp;; Wiener Philharmoniker. Tugan Sokhiev, direction.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 18 mars 2023. RIMSKI-KORSAKOV&nbsp;: Sh\u00e9h\u00e9razade. TCHAIKOVSKI&nbsp;: Symph 4. Wiener Phil. Sokhiev. &nbsp; Un concert en tout point exceptionnel et renversant&nbsp;! On l\u2019attendait ce retour de Tugan Sokhiev&nbsp;! La Halle-aux-Grains \u00e9tait pleine \u00e0 craquer&nbsp;! 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