{"id":628,"date":"2020-02-05T17:13:00","date_gmt":"2020-02-05T17:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=628"},"modified":"2023-04-26T17:15:08","modified_gmt":"2023-04-26T17:15:08","slug":"le-schubert-absolu-d-adam-laloum","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/le-schubert-absolu-d-adam-laloum\/","title":{"rendered":"Le Schubert absolu d&rsquo; Adam Laloum"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>COMPTE-RENDU, Concert. PARIS, THEATRE DES CHAMPS ELYSEES, le 5 f\u00e9v. 2020. SCHUBERT. LALOUM.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2028\u2028Adam Laloum est un immense schubertien \u2028\u2028Adam Laloum, longue silhouette fragile avec son allure de statue de Giacometti, se glisse vers le piano sur la large sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es dans une lumi\u00e8re tamis\u00e9e avec derri\u00e8re lui l\u2019or chaud du rideau de sc\u00e8ne. Il ne faut pas se fier \u00e0 la vue car la puissance du pianiste n\u2019est pas un vain mot quand on pense au programme titanesque qui attend le jeune musicien trentenaire. En effet les trois derni\u00e8res sonates de Schubert dans un programme de plus de deux heures mettent \u00e0 nue l\u2019interpr\u00e8te.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-101340 size-full\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/adam-laloum-harald-hoffmann.jpg\" alt=\"Adam Laloum \u00a9 Harald Hoffmann\" class=\"wp-image-101340\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Adam Laloum \u00a9 Harald Hoffmann<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019autres pianistes s\u2019y sont risqu\u00e9s, techniquement impeccables mais malhabiles&nbsp;\u00e0 tenir sur toute cette longueur la richesse des images de Schubert, son besoin d\u2019\u00e9motions perp\u00e9tuellement changeantes et une capacit\u00e9 \u00e0 tenir en haleine le public sur un temps si long. Adam Laloum ce soir a gravi plusieurs marches, non seulement celle de la qualit\u00e9 pianistique d\u2019un jeu r\u00e9sistant mais surtout celle d\u2019un interpr\u00e8te d\u2019une po\u00e9sie rare et d\u2019une profondeur insondable. <a href=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/compte-rendu-concert-37eme-festival-de-la-roque-dantheron-abbaye-de-silvacanele-14-aout-2017-beethoven-schubert-adam-laloum\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La sonate D. 958 je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 entendue sous ses doigts \u00e0 La Roque d\u2019Anth\u00e9ron en 2017.<\/a> L\u2019\u00e9volution de son interpr\u00e9tation dans ce vaste cycle va vers davantage de contrastes et des nuances plus subtiles encore. Les grands emportements sont maitris\u00e9s et la fantasmagorie par moment inqui\u00e9tante n\u2019est pas tragique, l\u2019humour pointe son nez dans le scherzo et surtout dans le final qui malgr\u00e9 sa longueur passe trop vite dans un \u00e9tourdissement d\u00e9licieux. Ainsi la sonate en do mineur ouvre d\u00e9j\u00e0 un pan entier de romantisme passant de la violence \u00e0 la tendresse la plus \u00e9mue. Mais c\u2019est dans la D.959 que le musicien avance encore vers davantage d\u2019\u00e9motions. Cette extraordinaire capacit\u00e9 \u00e0 habiter les silences \u00e9meut, il ose varier des tempi mouvants comme la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/compte-renduconcert-festival-piano-aux-jacobins-cloitre-le-19-septembre-2019-beethoven-schumann-schubert-a-laloum\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00c0 Piano aux Jacobins cette ann\u00e9e il avait d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 cette sonate<\/a> avec des qualit\u00e9s rares, l\u2019\u00e9volution est pourtant l\u00e0 et il se rapproche encore davantage de Schubert. Un Schubert qui, \u00e0 deux mois de sa mort ose une partition de pr\u00e8s d\u2019une heure, y dit tout son amour de la vie comme ses angoisses face \u00e0 la mort. Mais d\u2019une mani\u00e8re que seule Mozart savait, avec une \u00e9l\u00e9gance et une politesse d\u2019\u00e2me d\u2019enfant. La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des doigts de la main droite d\u2019Adam Laloum \u00e9voque des papillons pour la gr\u00e2ce et un colibri pour la pr\u00e9cision. Les contrastes sont saisissants et les phras\u00e9s amples et plein de profondeur. Le voyage musical est amical, g\u00e9n\u00e9reux et enthousiasmant. Le deuxi\u00e8me mouvement si extraordinaire devient une ode \u00e0 la joie de vivre consciente de sa fragilit\u00e9 et menac\u00e9e par la sauvagerie du moment central. La reprise en est encore plus \u00e9mouvante dans des nuances toujours plus subtiles. J\u2019avais \u00e9voqu\u00e9 le chant pianissimo ineffable de la regrett\u00e9e Montserrat Caball\u00e9 avec son extraordinaire pl\u00e9nitude de timbre et c\u2019est \u00e0 nouveau ce qui m\u2019a ravi. Un chant \u00e9plor\u00e9 mais toujours \u00e9l\u00e9gant dans une concentration de timbre rare. Par rapport au Clo\u00eetre des Jacobins il ose dans l\u2019acoustique plus vaste du Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es des nuances piano encore plus t\u00e9nues, provoquant chez le public une \u00e9coute totale, un silence rare et probablement beaucoup de souffles retenus. L\u2019avanc\u00e9e \u00e0 travers les paysages de Schubert semble d\u2019une ouverture constante vers des horizons nouveaux et une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9tats d\u2019\u00e2me infinis. On retrouve les qualit\u00e9s des plus grands interpr\u00e8tes de Schubert de tous les temps. La troisi\u00e8me sonate, la D.960 encore plus longue, demande un renouvellement du propos qu\u2019Adam Laloum organise avec une grande intelligence. Le voyage ouvre d\u2019autres espaces, les couleurs sont plus riches et l\u2019harmonie va vers des contr\u00e9es du futur. La puissance du jeu d\u2019Adam Laloum est de tenir ainsi la public en haleine, de lui r\u00e9v\u00e9ler Schubert avec un sentiment de proximit\u00e9 rarissime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La puissance pianistique n\u2019\u00e9tant qu\u2019un moyen pas un but. Cette \u00e9motion au bord des larmes, cet amour de la vie et cette rem\u00e9moration &nbsp;consciente du temps &nbsp;de l\u2019enfance si caract\u00e9ristique des grands po\u00e8tes sont de la pure magie. Le pari fou de jouer ainsi les trois derni\u00e8res sonates de Schubert est gagn\u00e9 haut la main par Adam Laloum, Primus inter pares au firmament des interpr\u00e8tes de Schubert. Un Grand concert dans un cadre prestigieux a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de mani\u00e8re incontestable la maturit\u00e9 artistique d\u2019Adam Laloum.&nbsp; Son dernier CD est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Schubert. Il est de toute beaut\u00e9 avec la D.894 et la D. 958. Toutes ses qualit\u00e9s sont l\u00e0 mais l\u2019\u00e9motion du concert, cette capacit\u00e9 \u00e0 capter l\u2019attention du public, rajoute \u00e0 la beaut\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation. Esp\u00e9rons qu\u2019il enregistrera les deux derni\u00e8res sonates de Schubert avec son nouveau Label car vraiment il s\u2019agit d\u2019un immense interpr\u00e8te de Schubert que le monde entier doit saluer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.classiquenews.com\/compte-rendu-concert-paris-tce-le-5-fev-2020-recital-schubert-a-laloum-piano-%e2%80%a8\/\">\u2028Hubert Stoecklin pour Classiquenews.com<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Compte-rendu concert. Paris Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es, le 5 f\u00e9vrier 2020. Frantz Schubert (1797-1828) : Sonates pour piano n\u00b0 21 en ut mineur D.958, n\u00b0 22 en la majeur D.959, n\u00b0 23 en si b\u00e9mol majeur D. 960 ; Adam Laloum, piano.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COMPTE-RENDU, Concert. PARIS, THEATRE DES CHAMPS ELYSEES, le 5 f\u00e9v. 2020. SCHUBERT. LALOUM. \u2028\u2028Adam Laloum est un immense schubertien \u2028\u2028Adam Laloum, longue silhouette fragile avec son allure de statue de Giacometti, se glisse vers le piano sur la large sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es dans une lumi\u00e8re tamis\u00e9e avec derri\u00e8re lui l\u2019or chaud du &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/le-schubert-absolu-d-adam-laloum\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Le Schubert absolu d&rsquo; Adam Laloum&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":429,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,8],"tags":[],"class_list":["post-628","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-adam-laloum","category-recital"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=628"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":629,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628\/revisions\/629"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media\/429"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}