{"id":633,"date":"2019-11-08T17:19:00","date_gmt":"2019-11-08T17:19:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=633"},"modified":"2023-04-26T17:22:45","modified_gmt":"2023-04-26T17:22:45","slug":"victor-julien-laferriere-et-tugan-sokhiev-un-accord-parfait","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/victor-julien-laferriere-et-tugan-sokhiev-un-accord-parfait\/","title":{"rendered":"Victor Julien-Laferri\u00e8re et Tugan Sokhiev un accord parfait"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 8 novembre 2019. Henri Dutilleux (1916-3013) : Tout un monde lointain, concerto pour violoncelle ; Gustav Holst (1874- 1934) : Les Plan\u00e8tes ; \u00a0 Victor Julien-Laferri\u00e8re, violoncelle. Orfeon Donostaria, chef de choeur : Jos\u00e9 Antonio Sainz-Alfaro ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev, Direction. Illustration : Julien-Lafferiere (DR)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Victor Julien-Laferri\u00e8re<\/strong> est un jeune musicien d\u2019exception dont la carri\u00e8re a pris un \u00e9lan incroyable depuis son prix du concours Reine Elisabeth de Belgique en 2017. Une grande tourn\u00e9e de concerts avec Valery Gergiev a \u00e9t\u00e9 triomphale. Il est un soliste recherch\u00e9 et un chambriste accompli aur\u00e9ol\u00e9 de succ\u00e8s publics et critiques en compagnie d\u2019Adam Laloum et dans son trio \u00ab&nbsp;Des Esprits&nbsp;\u00bb. Ce soir dirig\u00e9 par Tugan Sokhiev, chef attentif et partenaire protecteur, le jeune soliste a \u00e9t\u00e9 d\u2019une extraordinaire d\u00e9licatesse dans <strong>le Concerto pour violoncelle de Dutilleux<\/strong>. Cette oeuvre d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Mtislav Rostropovich est inspir\u00e9e d\u2019un po\u00e8me de Baudelaire. Tr\u00e8s intellectuelle, la partition reste distante de l\u2019\u00e9motion et de toute forme de passion, recherchant une allure fran\u00e7aise bas\u00e9e sur l\u2019originalit\u00e9 des sonorit\u00e9 (\u00e0 la Debussy), tout en r\u00e9servant une grande place aux percussions. Le violoncelliste doit tenir sa sonorit\u00e9 dans les limites d\u2019une parfaite maitrise de chaque instant. Victor Julien-Laferri\u00e8re a toutes les qualit\u00e9 pour offrir une interpr\u00e9tation magistrale de ce concerto. La finesse du jeu, rencontre la beaut\u00e9 de la sonorit\u00e9 et la fluidit\u00e9 des lignes. <strong>L\u2019Orchestre du Capitole<\/strong> offre une puret\u00e9 de sonorit\u00e9 et une pr\u00e9cision rythmique parfaite. La direction de <strong>Tugan Sokhiev<\/strong> est admirable de pr\u00e9cision et de finesse. Les grandes difficult\u00e9s de la partition sont maitris\u00e9es par tous afin de proposer une interpr\u00e9tation toute en apparente facilit\u00e9. Tout va vers le r\u00eave et l\u2019ailleurs comme le sugg\u00e8re le po\u00e8me de Baudelaire. L\u2019\u00e9coute de l\u2019oeuvre en est facilit\u00e9e et le public fait un triomphe au jeune violoncelliste. Il revient saluer plusieurs fois et propose en bis une d\u00e9licate allemande d\u2019une suite pour violoncelle de Bach (la troisi\u00e8me). Sonorit\u00e9 soyeuse et legato subtil sont comme un enchantement prolongeant le voyage onirique pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/julien-laferriere.jpg\" alt=\"Julien Laferriere\" class=\"wp-image-97391\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En deuxi\u00e8me partie de concert, Tugan Sokhiev retrouve son orchestre \u00e9largi pour un voyage interplan\u00e9taire gr\u00e2ce aux<strong> Plan\u00e8tes de Holst<\/strong>. Cette oeuvre du compositeur anglais reste le parangon de toute oeuvre symphonique hollywoodienne. Les effets tr\u00e8s efficaces de l\u2019orchestration de Gustave Holst font toujours recette chez bien des compositeurs de musiques de films. <strong>Tugan Sokhiev<\/strong> prend les rennes avec \u00e9l\u00e9gance et ne l\u00e2che plus ses musiciens jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re note. L\u2019orchestre est rutilant ; chaque soliste est prodigieux de splendeur sonore. Ainsi des cuivres bien ordonn\u00e9s sur deux rangs au fond juste devant les nombreuses percussions sauront-ils nuancer habilement toutes leurs interventions. Le chef les laisse jouer sans vulgarit\u00e9 dans les moments pompiers. Les forte \u00e9clatent de sant\u00e9 et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Nous soulignerons tout particuli\u00e8rement la beaut\u00e9 du son mais surtout l\u2019\u00e9l\u00e9gance du phras\u00e9 et la longueur de souffle de <strong>Jacques Deleplancques<\/strong> au cor. Mais comment de pas citer le splendide solo du violoncelle de <strong>Sarah Iancu<\/strong> ou la fl\u00fbte de <strong>Fran\u00e7ois Laurent<\/strong>, le hautbois de <strong>Louis Seguin<\/strong> et la clarinette de <strong>David Minetti<\/strong> ?; qui sont les chambristes et solistes accomplis de cette superbe saga galactique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/onct.jpg\" alt=\"Onct\" class=\"wp-image-98631\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Tugan Sokhiev<\/strong> joue \u00e0 plein les diff\u00e9rences de chaque partition d\u00e9di\u00e9e \u00e0 une plan\u00e8te mais garde une unit\u00e9 stylistique magnifique \u00e0 cet ensemble. Le long silence par lequel il cl\u00f4t son interpr\u00e9tation a pu paraitre un peu emphatique pour certains spectateurs mais qu\u2019il est bon qu\u2019 un v\u00e9ritable chef charismatique arrive a retarder les applaudissements afin de respecter le silence qui suit la musique et en fait partie quoi qu\u2019en pensent les spectateurs trop z\u00e9l\u00e9s a frapper des mains et des pieds parfois en m\u00eame temps que la derni\u00e8re note du concert. Ce soir le concert a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sous le signe de la pl\u00e9nitude et de la d\u00e9licatesse. Il n\u2019y a a pas eu besoin d\u2019un bis apr\u00e8s tant de splendeur musicale. L\u00e0 aussi le chef a su r\u00e9sister \u00e0 cette habitude du \u00ab&nbsp;jamais assez&nbsp;\u00bb que le public insatiable voudrait prendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 8 novembre 2019. 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