{"id":921,"date":"2020-07-01T23:26:00","date_gmt":"2020-07-01T23:26:00","guid":{"rendered":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/?p=921"},"modified":"2023-11-27T23:28:53","modified_gmt":"2023-11-27T23:28:53","slug":"le-festival-de-salon-renait","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/stoeck.fr\/WP1\/le-festival-de-salon-renait\/","title":{"rendered":"Le Festival de salon rena\u00eet"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"><strong>XXVIII i\u00e9me \u00e9dition du Festival de SALON DE PROVENCE. Vendredi 31 JUILLET 2020. Abbaye de Sainte Croix.&nbsp; Camille SAINT SAENS (1835-1921)&nbsp;: Odelette op.162&nbsp;; Romance op. 37&nbsp;; C\u00e9sar CUI (1835-1918)&nbsp;: 5 petites pi\u00e8ces op.56&nbsp;; Frantz SCHUBERT (1797-1828)&nbsp;: Sonate pour arpeggione et piano en la mineur D. 821&nbsp; (arrangement Emmanuel Pahud)&nbsp; ; Maja Avramovic, violon&nbsp;; Emmanuel Pahud, fl\u00fbte&nbsp;; Alessio Bax, piano.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Le retour \u00e0 la VRAIE VIE<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c7a y est l\u2019\u00e9t\u00e9 a enfin d\u00e9but\u00e9. Comment imaginer un \u00e9t\u00e9 sans musique et sans festival ? La Provence sans musique en \u00e9t\u00e9 \u00e7a n\u2019existe pas. C\u2019est pourtant ce que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus a failli obtenir&#8230;&nbsp; Car sans le festival d\u2019Avignon et sans les Chor\u00e9gies d\u2019Orange le d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 bien triste. Et sans bien d&rsquo;autres&nbsp; festivals ou&nbsp; concerts, tous annul\u00e9s. C\u2019est conscient de cette fatalit\u00e9 d\u00e9solante pour les artistes r\u00e9duits au silence et le public priv\u00e9 de spectacle vivant, que l\u2019\u00e9motion m\u2019a gagn\u00e9 en arrivant dans la d\u00e9licate Chapelle de Sainte-Croix \u00e0 Salon de Provence. Tout nous pr\u00eate \u00e0 la prise de hauteur en ce lieu majestueux. Le promontoire d\u2019o\u00f9 peuvent se contempler les cultures en verger et la nature encore pr\u00e9serv\u00e9e de la plaine de Salon, le soleil qui y cogne dure partout et ici ce sable blanc qui avec d\u00e9termination nous enfarine les chaussures. La d\u00e9licate chapelle accueille ce jour un public tr\u00e8s r\u00e9duit et la porte est &nbsp;rest\u00e9e grande ouverte durant le concert invitant le chant rythm\u00e9 des sympathiques cigales. Les consignes sanitaires sont ainsi respect\u00e9es, le masque est port\u00e9 par tout le public et les distances permettent de limiter les contacts.&nbsp; Happy few, but very happy, sous nos masques&#8230;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image size-full wp-image-106303\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/emmanuelpahud-1275-c-denis-felix-20190716083053-thumbrect.jpg\" alt=\"EmmanuelPahud 1275 C Denis Felix 20190716083053 Thumbrect\" class=\"wp-image-106303\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Emmanuel Pahud : Cr\u00e9dit photo, Denis Felix<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque Emmanuel Pahud entre sur sc\u00e8ne avec son complice Alessio Bax l\u2019\u00e9motion est perceptible dans la salle. Oui ce n\u2019est pas un r\u00eave les artistes sont v\u00e9ritablement l\u00e0, comme promis. Jamais probablement la d\u00e9licieuse Odellette de Saint-Sains n\u2019a fait un tel effet. Les larmes sont mont\u00e9 aux yeux de plus d\u2019un tant la beaut\u00e9 de cette musique a sembl\u00e9 bouleversante. Emmanuel Pahud d\u00e9tendu, concentr\u00e9 et olympien a trouv\u00e9 un son d\u2019un velours d\u00e9licat, tandis que le jeu tr\u00e8s pr\u00e9sent d\u2019Alessio Bax donne un relief concertant \u00e0 sa partie, bien loin d\u2019\u00eatre un simple accompagnateur. Ce jeu partag\u00e9, cette \u00e9coute admirative de part et d\u2019autre nous offre un duo au sommet de la musicalit\u00e9. Plus \u00e9mouvante encore sera la Romance op. 37, pleine de m\u00e9lancolie et de charmes permettant un d\u00e9licat \u00e9quilibre entre le chant \u00e9perdu de la fl\u00fbte et la profondeur harmonique du piano. Nos deux complices rivalisent de finesse et de beaut\u00e9 de sonorit\u00e9. Dans des phras\u00e9s \u00e9perdus ils donnent beaucoup de puissance d\u2019\u00e9vocation \u00e0 cette trop courte pi\u00e8ce. Entre ces deux belles partitions de Saint-Sa\u00ebns les cinq petites pi\u00e8ces de C\u00e9sar Cui pour violon, fl\u00fbte et piano sont une totale d\u00e9couverte. C\u00e9sar Cui parfait contemporain de Saint-Sa\u00ebns est connu pour avoir \u00e9crite le manifeste du Groupe des cinq. Ces 5 pi\u00e8ces de charme sont agr\u00e9ables et tr\u00e8s vari\u00e9es, faussement simples et faciles.&nbsp; Elles sont tr\u00e8s bien \u00e9crites en \u00e9quilibrant tr\u00e8s agr\u00e9ablement les trois instruments offrant \u00e0 chacun des moments dans lesquels briller. Les trois musiciens dans une complicit\u00e9 de chaque instant se r\u00e9galent et nous r\u00e9galent. La troisi\u00e8me pi\u00e8ce est peut-\u00eatre la plus \u00ab Russe \u00bb avec cette m\u00e9lodie m\u00e9lancolique offerte au violon et les commentaires l\u00e9gers de la fl\u00fbte, tandis que le piano tient dans une danse lente et triste tout l\u2019ensemble. La musicalit\u00e9 et l\u2019\u00e9coute des trois musiciens permet d\u2019atteindre un \u00e9quilibre d\u00e9licat. Le violon sensible \u00e0 la sonorit\u00e9 pleine et riche de Maja Avramovic&nbsp; fait merveille , le piano toujours juste sachant capter chaque variation de caract\u00e8re d\u2019Alessio Bax donne beaucoup de force \u00e0 la partition, tandis qu\u2018Emmanuel Pahud avec une aisance souveraine semble surfer avec une totale libert\u00e9, tout heureux de ce partage entre fins musiciens. Le public accueille tr\u00e8s chaleureusement ces cinq pi\u00e8ces rares.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car ce que j\u2019aime aussi beaucoup \u00e0 Salon c\u2019est la qualit\u00e9 de la programmation avec chaque ann\u00e9e son lot de d\u00e9couvertes et de raret\u00e9s. C\u00e9sar Cui sort ainsi des livres d\u2019histoires de la musique et a repris vie ce midi \u00e0 Salon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La partition embl\u00e9matique qui termine le concert vaut \u00e0 elle seule le d\u00e9placement. La sonate arpeggione de Schubert est une v\u00e9ritable merveille et la version \u00e0 la fl\u00fbte est particuli\u00e8rement s\u00e9duisante.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-106301 size-full\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.culture31.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/bd-alessio-bax007-credit-marco-borggreve-20180625154235-thumbrect.gif\" alt=\"BD Alessio Bax007 Credit Marco Borggreve 20180625154235 Thumbrect\" class=\"wp-image-106301\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Alessio Bax: Cr\u00e9dit photo, Marco Borggreve<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La complicit\u00e9 entre Alessio Bax et Emmanuel Pahud nous offre une interpr\u00e9tation tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e entre les deux instruments; tr\u00e8s mobile et vivante. La souplesse des tempi apporte beaucoup de vie et m\u00eame de truculence. Comme souvent la danse s\u2019invite dans le jeu du flutiste et la m\u00eame capacit\u00e9 se retrouve dans le jeu de Bax. Le final gagne ainsi en vie et en libert\u00e9. C\u2019est vraiment ainsi que nous imaginons Schubert, capable d\u2019aimer la vie en toute simplicit\u00e9 dans les moments de d\u00e9tresse, lui qui \u00e9crivit cette incroyable partition pour un instrument mort-n\u00e9 : l\u2019arpeggione. La m\u00e9lancolie la plus d\u00e9licate rencontre une sorte de libert\u00e9 simple capable d\u2019humour potache. Les rubati esquiss\u00e9 dans les premiers mouvements sont irr\u00e9sistibles dans le final. Emmanuel Pahud et Alessio Bax partagent une capacit\u00e9 d\u2019inventions et d\u2019audaces qui fait la vraie originalit\u00e9 des interpr\u00e8tes : par exemple, les phras\u00e9s plus profond\u00e9ment creus\u00e9s, les nuances plus appuy\u00e9es, la danse plus physiquement pr\u00e9sente.&nbsp; C\u2019est cela qui fait le prix des concerts. Ce sont des rencontres qui permettent de bouger les lignes d\u2019interpr\u00e9tations certes merveilleuses mais fig\u00e9es au disque. La musique vit et nous donne de la vie. Le public plus sage qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, c\u2019est un effet du post confinement je pense, a applaudi copieusement les interpr\u00e8tes. Le festival de Salon d\u00e9marre bien. L\u2019\u00e9t\u00e9 est ( enfin) l\u00e0 !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Debussy: Syrinx for solo flute (Emmanuel Pahud)\" width=\"525\" height=\"295\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/RNjroFNi7mA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/blog.culture31.com\/author\/hubert\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Hubert Stoecklin<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/festival-salon.fr\/fr\">FESTIVAL DE SALON<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>XXVIII i\u00e9me \u00e9dition du Festival de SALON DE PROVENCE. Vendredi 31 JUILLET 2020. 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