Harry Poter saga a voir et revoir

Harry Potter : leçon de vie pour tous

écrit par Hubert Stoecklin 25 juillet 2011

HARRY POTTER  BIEN PLUS SOMBRE QU IL N Y PARAISSAIT

Si cette saga cinématographique a eu des moments de faiblesse la fin justifie tout, termine tout, efface toute résistance. Une seule envie en sortant de cette séance : revoir tous les films afin d’ en comprendre les finesses. Car ce dernier opus est aussi le plus savant en références, en clins d’œils au passé. Tous les acteurs gagnent en épaisseur, tous, bons et méchants car tout devient relatif loin des visions manichéennes. Bien et mal mêlés, indispensables l’un à l’autre pour que la vie soit. Mort dans la vie et inversement. Enfance dans l’adulte, raison dans l’enfance. Les effets spéciaux, les combats magiques et les retournements de situations sont fabuleux. Il ne faut rien dire de plus si ce n’est que ce film est une réussite qui justifie d’oublier la pluie et le soleil et d’y courir.  Les trois héros sont à la hauteur de nos attentes. Et  le méchant surtout !  Ce n’est pas le mal qu’il faut combattre, ni le bien aimer. Une seule chose est à combattre le plein pouvoir, la certitude, le savoir absolu. Toute vie a besoin d’enfance comme de raison. De forces relatives en aucun cas d’une force supérieure et absolue qu’elle se veuille du bien ou du mal. Merci Harry pour cette leçon de vie dans cet ultime geste au bord du gouffre !

Hubert Stoecklin

La neuvième à Orange sans orage

La neuvième symphonie de Beethoven protègerait de la pluie ?

écrit par Hubert Stoecklin 25 juillet 2011

Tugan Sokhiev et l’Orchestre National du Capitole ont terminé leurs 4 excellentes prestations lors du quarantième festival des Chorégies d’Orange avec un professionnalisme dont peu d’orchestres peuvent s’enorgueillir. Des gouttes de pluie néfastes pour les instruments ont failli faire renoncer à ce concert tant attendu. Mais après une courte interruption entre le premier et le deuxième mouvement le rêve a pu devenir réalité et le concert a été fameux !

Une Ode à la joie tant espérée !

Cette année l’Orchestre du Capitole de Toulouse a rayonné sur les 40e Chorégies d’Orange avec brio tant pour les deux représentations d’Aïda que le concert symphonique de musique Russe. À la symphonie avec chœur de Beethoven revenait le rôle de clore avec faste cette première partie des Chorégies avant la venue de l’Orchestre National de France  pour Rigoletto fin juillet.

Ces 4 concerts ont permis à l’orchestre et son jeune chef, Tugan Sokhiev, de séduire sur place un public ravi relayé par les chaînes de télévision pour une représentation d’Aida et le concert du 11 juillet.

Pour la Neuvième symphonie un public nombreux (plus de 4000 personnes) a donc partagé un grand moment d’angoisse puis un plaisir rare, aiguillonné par la peur de la pluie menaçante puis la conscience que la météo déréglée avait rendu les armes devant le chef d’œuvre de Beethoven ainsi interprété. Le confort des salles de concerts n’a pourtant été regretté par personne. Quelle belle salle de concert que cet amphithéâtre bi-millénaire ! Rien ne lui est comparable au monde car la précision des moindres murmures de l’orchestre (jusqu’à la respiration des instrumentistes) est sidérante et jamais aucune saturation n’est possible, le son pouvant se déployer à l’infini sous le vaste ciel. La clarté qui résulte de cette acoustique exceptionnelle permet de déguster la fine musicalité de cette version de la symphonie la plus connue au monde, du moins dans sa dernière partie, ce final choral visionnaire. Tugan Sokhiev a une relation passionnelle avec son orchestre qui explique en partie les risques acceptés par les instrumentistes lors des conditions météo connues à Orange ces jours ci. Signalons que le dernier acte d’Aida le 12 juillet n’a pu être donné à cause de la pluie. La conscience d’un danger semblable a fait changer l’ordre du programme qui a débuté par la IXe symphonie. Les premières mesures pianissimo ont permis de déguster la finesse des cordes et la délicatesse des cuivres et des bois. Le crescendo a ensuite été savamment construit pour subjuguer les oreilles les plus exigeantes. La précision des rythmes, la justesse des accords et l’énergie maîtrisée ont ensuite construit un premier mouvement urgent et excitant. La beauté des timbres, la variété des couleurs et surtout une précision chirurgicale des rythmes ont conduit vers une forme d’exaltation partagée par le public. Cette promesse d’une interprétation si originale a été détruite lorsque les instrumentistes, sous les assauts de la pluie, ont rangé leurs instruments et que des bâches ont été posées sur les contrebasses et les timbales. Renoncer ? Après une telle entrée en matière ?  L’hémicycle vide et le départ d’une partie des choristes le faisaient craindre …

Après quelques minutes infinies d’angoisse, le retour des musiciens et des choristes a soulevé des tonnerres d’applaudissements. Prendre de vrais risques pour les cordes surtout (pauvres violoncelles) n’est pas chose si banale. Il faut ici saluer l’engagement exceptionnel des musiciens. Le public ne s’en est pas privé, applaudissant très (trop ?) souvent.

La suite de l’interprétation a été à la hauteur des attentes avec de grands moments riches en émotions.

Le choeur a été au diapason et c’est donc lui qui a gagné le cœur du public, au point d’applaudir avant la fin une très belle interprétation pleine de feu et d’énergie. En deuxième partie c’est donc la 8e symphonie qui mobilisé un orchestre partiellement renouvelé au bois et cuivres. La filiation haydienne de cette partition qui souffre un peu du voisinage génial de la 7° et la 9° a été rendue par la belle direction du chef Ossète. La beauté des attaques, la souplesse des rythmes et l’élégance des phrasés ont rendu à merveille la délicatesse et même l’humour de la partition. Plus détendu l’orchestre a été étincelant et virtuose.

Un nouveau magnifique concert de cet Orchestre si généreux a fait des heureux dans ce beau théâtre romain, écrin merveilleux à l’acoustique digne des meilleures salles de concert.

Hubert  Stoecklin

La Saint Jean des Passions de Montauban : que d’émotions !

La passion selon St. Jean avec Jean-Marc Andrieu

écrit par Hubert Stoecklin 30 juillet 2011

Jeudi 28 juillet 2011 ; Montauban : Temple des Carmes.

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon St. Jean, BWV 245. 

Solistes :  Soprano, Sophie Pattey ; Contre-ténor, Jean-Louis Comoretto ; Ténor, Sébastien Obrecht ; Baryton-basse, Jean-Manuel Candenot ; Basse, Stéphane Imboden. Chœur du stage choral de Montflanquin. Orchestre des Passions. Direction Jean-Marc Andrieu.

C’est une belle générosité qui conduit Jean-Marc Andrieu à diriger un stage choral à Monflanquin proposant à la soixantaine de choristes de travailler une si belle œuvre et de la donner pour deux concerts à Montauban et Monflanquin. Las le temps filant, Jean-Marc Andrieu ne renouvellera a pas ce projet l’an prochain afin de se consacrer a son ensemble des Passions en pleine période de festivals.

Ce premier concert à Montauban a été superbe en émotions diverses. Tout d’abord le plaisir de retrouver les musiciens des Passions les plus aimés comme Flavio Losco et Nirina Bougès aux violons et Etienne Mangot au violoncelle et à la viole. Ensuite des solistes de haut rang comme Sophie Pattey, Sébastian Obrecht et Stéphane Imboden solistes habituels des Passions. Le jeune ténor a ainsi pu étrenner son premier Evangeliste.

On peut prédire que Sébastian Obrecht sera vite redemandé dans ce si difficile exercice. L’évangéliste n’est en effet pas un rôle à  proprement parlé. Toujours entre le récitatif et l’arioso la tessiture est meurtrière. Le ténor ici la  maitrise  avec une lisibilité du texte parfaite. Son engagement est plein de sympathie pour les actions commentées.

Les nuances et les couleurs prises par la voix sont dignes d’un tableau  du Titien. D’avantage d’appropriation de la partition  lui permettra de l’ abandonner sous peu,  mais pour une « prise de rôle » l’exercice est absolument convaincant.

Sophie Pattey a su dépasser la longue attente exigée par sa partie, son air « Zerflisse, mein Herze, in Fluten der Zähren » de la deuxième partie a atteint au sublime. La musicalité conjuguée des flûtes et des hautbois da caccia associée à la maitrise sur le souffle d’une voix aussi délicate qu’émouvante en a conduit plus d’un au bord des larmes.

Les basses, Stéphane Imboden et Jean-Manuel Candenot ont aussi incarné  respectivement un Jésus  et un Pilate très présents. Dans l’air de la deuxième partie  Jean-Manuel Candenot a su danser avec les instruments dans un mouvement entêtant. Seuls Jean-Louis Comoretto a semblé en retrait, probable jour de méforme ou de surmenage.

Le chœur comprenant donc des choristes de toute la région rassemblés pour un stage de 15 jours à Montlflanquin a  formé un admirable ensemble dans les nombreux chorals. En peu de temps l’homogénéité obtenue est enviable, la précision du texte également. Pas de doutes avec encore quelques jours les nuances pour les grands chœurs auraient pu être obtenues.

L’engagement de chacun a été très porteur avec un sens du partage avec le public bien venu.

La direction de Jean-Marc Andrieu pleine d’élan et de souplesse a offert une version à la théatralité pondérée de cette Passion selon St. Jean. On le sentait très proche des instrumentistes comme du choeur. Ses Complices de l’orchestre l’ont secondé avec leur engagement coutumier. Le splendeur des violons et leur habileté à tisser les volutes si sensuelles de la partition a été merveilleuse.

Etienne Mangot a joué à la perfection de son tempérament pour offrir une continuo d’une efficacité de tous les instants au violoncelle, relaçant l’action, avant de jouer la partie de viole avec une sonorité d’une beauté renversante.

C’est Sébastien Obrecht qui au final a le plus impressionné car en plus de tenir admirablement le texte narratif il a chanté ses airs avec une facilité déconcertante et beaucoup d’émotion.

Ce concert gratuit,  au sommet de la musicalité et de la générosité, a été très apprécié. Jean-Marc Andrieu nous avait déjà régalé d’une passion selon St. Matthieu à la Halle aux Grains il y a peu. Heureux musicien qui sait partager si bien sa passion pour Bach ! Heureux public de Midi-Pyrénées !

Hubert Stoecklin